Cameroun: La mobilisation se poursuit après la mort du journaliste Samuel Wazizi

Le journaliste de la chaîne Chillen Media Television (CMTV) Samuel Wazizi, région de Buéa, Cameroun

Présentateur d'une télévision locale à Buea, dans la région anglophone du sud-ouest, il avait été arrêté par la police le 2 août 2019. Il était accusé d'intelligence avec les terroristes et avait été emmené par des militaires cinq jours plus tard.

Malgré le travail des avocats, des ONG, de la société civile, plus personne n'a eu de ses nouvelles jusqu'à ce que le ministère de la Défense confirme son décès vendredi dernier. Décès qui serait intervenu dès le 17 août 2019.

Les explications de l'armée n'ont pas du tout convaincu les proches du journaliste qui exigent de savoir ce qu'il s'est exactement passé.

Une audience a d'ailleurs lieu, ce mardi, devant la justice à Buea, dans la région d'origine de la famille de Samuel Wazizi.

Celle-ci demande deux choses à la justice camerounaise : la tenue d'une enquête indépendante sur les circonstances de la mort, à laquelle elle veut être associée, et le retour du corps du journaliste, pour autopsie et inhumation.

Une enquête indépendante, c'est aussi ce que souhaitent les organisations locales et internationales de défense des droits humains, et les syndicats de journalistes qui tentaient d'organiser ce mardi matin des rassemblements à Buea, Bamenda, et Douala. Rassemblements rendus impossible par un vaste déploiement policier.

Tous n'ont pas été convaincus par les affirmations du ministère de la Défense faisant de Samuel Wazizi un complice des indépendantistes anglophones, qui serait décédé d'une septicémie à l'hôpital, 15 jours après son arrestation.

En effet, Samuel Wazizi avait 35 ans et aucun antécédent médical connu.

« Indécentes »

Reporters sans frontières a dénoncé des explications « indécentes » et « inexplicables ». RSF dit avoir consulté plusieurs photos du journaliste prises à Yaoundé le 13 août 2019.

« Il y présente de nombreuses blessures et inflammations au niveau d'un pied, d'une main et d'une épaule qui permettent légitimement de soupçonner des actes de torture infligés dans les jours précédents », dit l'ONG.

Dans son communiqué, l'armée affirme également avoir prévenu la famille du décès.

Pourquoi alors avoir depuis, entre août 2019 et mai 2020, laisser les avocats se présenter 14 fois devant la justice pour demander la remise en liberté d'une personne déjà décédée ?

Des questions auxquelles la famille espère obtenir une réponse dans le cadre de cette enquête promise par le président Paul Biya à l'ambassadeur de France.

Enfin une autre affaire similaire semble avoir évoluée. Il s'agit de la disparition de Kingsley Njoka.

Présenté par ses proches comme un journaliste indépendant de Douala, il avait été arrêté le 15 mai dernier, accusé de soutenir les indépendantistes.

Pour la première fois, ses avocats ont pu le voir ce lundi au siège de la gendarmerie à Yaoundé. Ils ont décrit un homme traumatisé et affaibli.

Plus de: RFI

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