Afrique: Mort de George Floyd

Cette scène se passe en Afrique du Sud oùsa viae a été commémorée comme partout à travers le monde.

Pourquoi les dirigeants africains sont silencieux

Deux semaines après le meurtre par asphyxie de George Floyd par un policier blanc, l'on assiste à une véritable levée de boucliers à travers le monde. De Dakar à Washington, en passant par Tunis, Rome, Berlin, Paris, etc, le message est le même : non au racisme ! C'est la preuve, s'il en est, que le monde entier rejette l'apartheid racial sous toutes ses formes et dans toute sa laideur. Et ce qui retient le plus l'attention, c'est que cette fois-ci, l'on voit de partout une foule cosmopolite (Noirs, Blancs, Jaunes) qui, dans un élan de solidarité mondiale, exprime son ras-le-bol face à une pratique qui date de Mathusalem.

Le combat n'est plus porté par une minorité raciale qui s'estime lésée et victime de discrimination, mais plutôt par une jeunesse multiraciale désireuse de vivre ensemble. C'est la preuve donc que George Floyd n'est pas mort pour rien. Sans doute y aura-t-il un avant et un après-George Floyd. En tout cas, on ose espérer que les choses connaîtront un changement positif dans une Amérique profondément raciste où les Noirs, depuis longtemps, sont considérés comme des citoyens de seconde zone.

Cela dit, s'il y a quelque chose que l'on peut déplorer dans ce concert de désapprobations qui a suivi la mort de George Floyd, c'est le mutisme des dirigeants africains. Certes, l'Union africaine (UA), par la voix de son président de la Commission, a condamné l'acte. Mais les dirigeants du continent auraient pu aller plus loin en introduisant, ne serait-ce que pour le symbole, une résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour dénoncer le racisme dont est victime le Noir à travers la planète. Que nenni ! De peur de s'attirer la furie du locataire de la Maison Blanche, les chefs d'Etat africains se montrent atones et prudents, préférant laisser les sociétés civiles prendre les devants.

Il est temps de donner un nouveau visage à l'Afrique

Pouvait-il d'ailleurs en être autrement quand on sait que bien des dirigeants noirs, du fait de leurs turpitudes, ont travaillé et travaillent toujours à donner une mauvaise image de l'Afrique présentée comme le continent où ont pignon sur rue, les fraudes électorales, la corruption, les guerres civiles, les conflits communautaires, les maladies, etc. ? A ce sombre tableau, il faut ajouter que nombreux sont les jeunes désoeuvrés qui, par vagues entières, périssent dans le désert ou dans la Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe à la recherche d'un mieux-être.

Autant de clichés donc qui font de l'Afrique, un continent mal famé qui, à la moindre occasion, n'hésite pas à tendre la sébile aux Occidentaux et ce, parfois même pour des questions qui relèvent de la souveraineté des Etats. Quand on sait que « la main qui donne a toujours été au-dessus de celle qui reçoit », comment alors s'étonner que l'Afrique ne soit pas respectée ? A cette question, chaque dirigeant africain devra tenter d'apporter des éléments de réponse sous peine de continuer à voir le continent noir à la traine et ce, en dépit des immenses ressources dont il regorge. En tout cas, il est temps de donner un nouveau visage à l'Afrique, pour autant que l'on ne veuille pas que le Noir continue d'être perçu comme un sous-homme par les autres.

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