Ile Maurice: Rapatriement - Plus de 5 000 Mauriciens au pays d'ici fin juillet

Les 6 350 Mauriciens toujours «stranded» font partie de quatre catégories, a précisé le ministre des Affaires étrangères, Nando Bodha. D'abord, ceux qui détenaient un billet de retour pour le pays avant la fermeture des frontières le 19 mars, ceux qui n'ont pu rentrer vu le «lockdown», ceux qui ont dû faire face à une extension du couvre-feu et ceux qui ont choisi de rentrer pour diverses raisons. Pour l'heure, ces compatriotes sont retenus dans 88 pays.

Dans des documents déposés à l'Assemblée nationale, le ministre a détaillé le nombre de Mauriciens qui ont déjà été ramenés au pays. Ainsi, si en janvier et février, 47 d'entre eux ont pu regagner l'île, de la Chine, au 6 juin, 1 883 compatriotes ont été ramenés de l'Europe, de l'Inde, de l'Australie ou encore de La Réunion. Selon lui, d'ici la fin de juin, il est prévu de faire venir 871 personnes et d'ici le mois de juillet, 1 164.

Par rapport aux croisiéristes, ils sont au nombre de 2 000, employés par 21 bateaux de croisières, qui se trouvent dans 82 ports autour du monde. D'après le plan de rapatriement établi pour ces Mauriciens, trois premières arrivées sont pré- vues les 13, 24 et 30 juin, de Londres et de Paris. Soulignant le contexte difficile et le besoin de maintenir la distanciation sociale sur les vols, comprenez 150 passagers par vol, ces trois arrivées représenteront 450 personnes.

«En se basant sur ce calendrier, les croisiéristes sont prévus de tous rentrer au pays fin août.» Le plan de rapatriement se fait en prenant en considération la capacité de traitement dans les hôpitaux et la capacité des centres de quarantaine et dépend de l'autorisation donnée par le National Communication Committee.

Dans une question supplémentaire, Arvin Boolell a voulu comprendre pourquoi le Sun Princess, avec à son bord 13 Mauriciens, qui était non loin de nos côtes, n'a pas été autorisé à accoster. À cela, le ministre a répondu que le rapatriement se fait dans des conditions strictes, suivant un protocole sanitaire. Il a souligné que le gouvernement avait déjà fait savoir que le bateau n'avait pas l'autorisation de débarquer mais qu'il a tenté de «barge in» pendant le couvre-feu.

«C'est une politique de deux poids, deux mesures. D'un côté, on laisse débarquer des touristes mais on refuse le droit d'entrer au pays aux Mauriciens», a rétorqué Arvin Boolell. Le ministre a laissé entendre que la compagnie de croisière a donné l'assurance au gouvernement que ses passagers étaient «Covid-free» et qu'ils étaient en quarantaine sur le navire. Tout comme le personnel médical indien, de la Royal Navy, venu prêter main-forte au pays.

Frais imposés

Intervenant à son tour, Shakeel Mohamed, député du Parti travailliste, a voulu savoir pourquoi l'État impose aux armateurs des frais pour le PCR testing, la quarantaine ou encore pour le traitement, alors qu'il s'agit de sa responsabilité. Il a également voulu savoir pourquoi on les oblige à prendre Air Mauritius, alors qu'ils sont prêts à affréter des vols. Dans sa réponse, Nando Bodha a indiqué que les Mauriciens bloqués au niveau des bateaux de croisière sont aux frais de leurs employeurs.

D'autre part, dans leur contrat de travail avec les employés, les compagnies de croisière ont pour responsabilité de les ramener dans leur pays. Quant à Air Mauritius, il a indiqué que cette option ne leur a pas été imposée mais proposée, car si les avions affrétés repartent vides, au niveau du transporteur national, ce serait différent. En sus de rapatrier des Mauriciens, il serait possible pour ces avions de transporter des passagers de Maurice, voire des cargaisons.

Arvin Boolell a réitéré son appel au gouvernement de traiter le rapatriement comme une priorité, et de maintenir le soutien financier offert à nos compatriotes. «Le soutien financier est là. Nous ne sommes pas insensibles à la détresse de nos compatriotes et nous faisons tout notre possible pour les ramener ici», a avancé Nando Bodha.

Plus de: L'Express

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