Congo-Brazzaville: En première ligne de la bataille du pays face au COVID-19

Brazzaville — Lorsque Dr Ondze Oboba Regis arrive chaque matin au travail à la Clinique Municipale Albert Leyono, un bâtiment bas de couleur beige avec des balustrades blanches ornées, il se retrouve en première ligne de la lutte de son pays contre le COVID-19.

Après l'annonce du premier cas du virus en République du Congo le 14 mars de cette année, la clinique Albert Leyono a été choisie par le gouvernement congolais comme l'un des principaux établissements hospitaliers pour soigner les patients gravement malades du COVID-19.

Depuis, Dr Ondze a vu 17 patients testés positifs pour le COVID-19 dans cet établissement, alors que le nombre total de cas dans le pays est passé à 741, avec 25 décès à la date du 10 juin 2020.

Mais ni les risques personnels ni le poids croissant des responsabilités ne l'ont dissuadé. « Mon devoir est de prendre soin des autres et de les protéger », dit-il d'emblée.

Alors que l'équipe de la clinique, composée de 17 médecins, 53 personnels infirmiers et un certain nombre d'assistants de salle, a commencé à assumer son rôle crucial, elle a bénéficié d'une formation approfondie de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la prise en charge des patients y compris le traitement et la prévention et le contrôle des infections.

Comme les autres professionnels de la santé du pays et de la Région, l'équipe d'Albert Leyono a également reçu des équipements de protection individuelle essentiels, notamment des milliers de gants médicaux, de lunettes et de masques, grâce au vol de solidarité des Nations Unies qui a atterri à Brazzaville le 18 avril.

« Pour nous, la première priorité est de veiller à ce que notre personnel de santé ne soit pas exposé à une éventuelle contamination par le COVID-19", déclare le Dr Abel Owoma, directeur de la clinique.

"Sans eux, nous allons perdre cette bataille ». Treize travailleurs de la santé ont été infectés par le virus au Congo jusqu'à présent, et deux en sont décédés.

« Les médecins, les infirmières et les autres personnels de santé de première ligne doivent être correctement équipés pour assurer des soins optimaux aux patients, mais aussi et surtout, pour garantir leur propre sécurité dans l'exercice de leurs fonctions respectives », ajoute le représentant de l'OMS au Congo, Dr Lucien Manga.

L'exercice de ces fonctions peut s'accompagner de sacrifices personnels considérables.

Pour Carine Guenkou, une infirmière qui travaille à la clinique Albert Leyono depuis cinq ans, cela signifie s'éloigner de chez elle et vivre en isolement pour protéger sa famille de l'infection.

« C'est toujours difficile d'être loin d'eux », dit-elle, « mais j'espère que nos efforts contribueront à mettre fin à cette pandémie rapidement et nous sommes encouragés par les victoires que nous remportons déjà. »

Mme Guenkou s'inspire notamment du cas récent d'une dame dont la mère est décédée après trois semaines passées à la clinique mais qui, après avoir été testée positive et avoir présenté des symptômes graves pendant environ une semaine, s'est complètement rétablie sous les soins de Mme Guenkou et de ses collègues et est rentrée chez elle.

« Lorsque la mère est décédée et que sa fille a été testée positive juste après, cela a été très difficile à supporter pour nous », se souvient Mme Guenkou.

« Mais le jour où elle est sortie d'ici, cela m'a rappelé que nous pouvons vaincre ce virus. »

Dr Ondze admet qu'il existe cependant un certain nombre de défis persistants à la clinique.

Certains équipements ne fonctionnent pas actuellement, tandis que la construction d'un pavillon de réanimation très nécessaire reste inachevée, ce qui complique les soins des cas les plus graves, et la clinique manque également des filtres, obstacle à l'utilisation effective de l'oxygène.

Ce genre de lacunes critiques se retrouve fréquemment dans tout le pays et dans une grande partie de la Région, ce qui impose une charge accrue aux médecins et au personnel infirmier de première ligne.

Mais l'OMS continue de travailler avec les gouvernements africains pour continuer à former les professionnels de santé et à améliorer la surveillance, les tests, la recherche des contacts et le traitement.

Plus de 12 500 personnels de santé ont été formés dans la Région africaine de l'OMS depuis le début de la pandémie.

L'OMS fournit également une expertise technique dans les pays, soit à distance, soit en intégrant des experts dans les équipes nationales d'intervention.

« Toute l'équipe a bénéficié de la formation avec les experts de l'OMS », rappelle Dr Ondze alors qu'il se prépare à la journée de travail qui l'attend, en revêtant puis en vérifiant méticuleusement son équipement de protection individuelle dans un petit vestiaire à l'intérieur de la clinique.

Il y a actuellement sept cas positifs et deux cas suspects qui nécessiteront son attention tout au long de la journée.

Ces quelques mois ont été éprouvants pour toute l'équipe, et Dr Ondze dit qu'il y a eu des moments fugaces où il a remis en question sa décision de devenir médecin.

« Mais tout travail peut être difficile », ajoute-t-il avec défi. « J'ai prêté serment et je le respecterai. »

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