Congo-Kinshasa: Réquisition de 20 ans de prison contre Vital Kamerhe

Vital Kamerhe Lwa-Kanyiginyi N’kingi

Le tribunal suivra-t-il le parquet général ?

Le ministère public a requis, hier, 11 juin 2020, une peine d'emprisonnement de 20 ans contre Vital Kamerhe, du nom de celui-là qui, jusque-là, reste officiellement le directeur de cabinet du président congolais, Félix Tshisékédi. Poursuivi pour « détournement de deniers publics, blanchiment et corruption » dans l'affaire d'achat de maisons préfabriquées inscrites dans le programme de 100 jours du chef de l'Etat, Vital Kamerhe comparaissait aux côtés de l'homme d'affaires libanais, en la personne de Jammal Samih, lui aussi, arrêté et incarcéré. Contre ce dernier, le parquet général a requis également une peine d'emprisonnement de 20 ans. Et ce n'est pas tout. Le patron de la firme Samibo Congo devrait être rapatrié dans son pays et interdit de séjour en RDC, une fois qu'il aura purgé sa peine si, bien entendu, il venait à être condamné.

Le tribunal suivra-t-il les réquisitions de l'avocat général ? On attend de voir. En tout cas, s'il est condamné, Vital Kamerhe devra faire le deuil de ses ambitions politiques. Car, non seulement il ne pourra plus occuper son poste de directeur de cabinet, mais aussi il ne pourra plus briguer la magistrature suprême en 2023 et ce en dépit du pacte qui le lie au président Tshisékédi, qui veut que ce dernier le soutienne à la prochaine présidentielle. Mais on n'en est pas encore là. Vital Kamerhe, même si tout porte à croire qu'il a trempé la main dans le cambouis, n'est pas encore condamné.

Tout porte à croire que le dossier n'est pas vide

On n'est qu'au stade des réquisitions. Peut-être sait-on jamais, ses avocats arriveront-ils à le tirer d'affaire ; lui qui, depuis l'ouverture du procès, n'a de cesse de clamer son innocence. Même si, par moments, il a été confondu par le parquet général qui n'a pas hésité à citer les biens immobiliers acquis par des proches de Vital Kamerhe, en l'occurrence son épouse, sa belle-fille et son cousin. En tout cas, tout porte à croire que le dossier n'est pas vide comme ont tenté de le faire croire certains qui avaient vite fait de crier à l'acharnement politique contre un homme qui se rêve d'un destin national.

Cela dit, s'il y a un homme à qui il faut rendre un vibrant homme dans cette affaire, c'est bien le président Félix Tshisékédi qui, au nom du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, a laissé la Justice faire son travail. Toute chose qui paraissait pour le moins inimaginable sous le règne de son prédécesseur, Joseph Kabila, où la mal gouvernance sur fond de corruption, le disputait au clientélisme et aux passe-droits. Toutefois, on ne saurait passer sous silence la pugnacité des magistrats en charge du dossier qui, en dépit du décès soudain de leur collègue, ne se sont pas laissés gagner par le découragement. Si fait qu'ils tiennent à aller jusqu'au bout. C'est tout à leur honneur !

Plus de: Le Pays

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