Cote d'Ivoire: Esatic - Des enseignants suspendus, La Cnec menace de tout bloquer

Le fonctionnement de l'Ecole supérieure africaine des techniques de l'information et de la communication (Esatic) est perturbé depuis un moment. La police est déployée sur les lieux. L'école vit une grève des enseignants qui n'a pas l'air de prendre fin maintenant.

A l'origine, la mise à disposition de deux enseignants-chercheurs à la Fonction publique, suite à un désaccord sur l'observation du télétravail à la demande du Dg, Pr Adama Konaté, dans le mois d'avril. Mercredi dernier, la Coordination nationale des enseignants-chercheurs (Cnec) a fait une conférence de presse pour dénoncer « l'injustice » subie par deux de ses membres. Il s'agit de Dr Dakouri Narcisse, maître assistant en mathématique-informatique (Math info), délégué de la section Cnec-Esatic et son adjoint, Dr Zamblé Raoul.

« Depuis un mois, nos représentants à l'Esatic sont persécutés. Des démarches sont en cours pour les mettre à la disposition de la Fonction publique. Ils sont chassés de l'institution(…) Quand le président de la République a décidé de la fermeture des écoles et universités, le Dg a rappelé les enseignants pour le télétravail. Ceux-ci ont exigé un kit de travail contenant une tablette, une connexion Internet et un mécanisme de calcul des heures de travail effectué en ligne pour leur prise en compte dans le décompte annuel final » a laissé entendre, Johnson Kouassi Zamina, secrétaire général de la Cnec. Selon Dr Dakouri Narcisse, depuis le 09 avril, le Dg, qualifiant cet acte d'insubordination, « a pris sur lui » de leur remettre un certificat de cessation de service.

Conséquences immédiates, tous leurs droits suspendus. Ils n'ont plus accès à leurs bureaux et ils sont rayés du fichier de tout le planning de l'Esatic. Cette décision serait entérinée par le ministère de tutelle qui « n'a pas voulu désavouer son Dg ». La Cnec n'entend pas « lâcher l'affaire ». A en croire le Bureau national, il pourrait y avoir une Assemblée générale « pour tout arrêter » dans les universités et grandes écoles publiques. D'ailleurs, les enseignants estiment que ce problème n'est pas spécifique à Esatic. Selon Pr N'guessan Kouamé, les dirigeants des universités et grandes écoles publiques, presque tous réunis en association au Rhdp, brandissent le bâton partout pour bâillonner les syndicats.

Quand ce n'est pas la radiation, c'est la suspension ou le blocage des salaires ou encore les arrestations. « Dans ce pays, un système est en train de naître. On veut faire taire les syndicats » a-t-il révélé. Dans le souci de l'équilibre de l'information, nous avons contacté la direction de Esatic qui entend donner sa version des faits sous peu.

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