Nigeria: Au Nigeria, la crainte de voir le crime organisé nouer des liens avec le terrorisme

Cette semaine, plusieurs manifestations se sont produites dans des localités de l'Etat de Katsina, dans le nord du Nigeria, pour exprimer le ras-le-bol contre la montée du « banditisme » et des violences contre les civils. Une insécurité, qui selon plusieurs observateurs, aurait de plus en plus de liens avec les groupes jihadistes actifs dans le Lac Tchad.

« Nous ne sommes plus de l'APC (All Progressive Congress, le parti au pouvoir) », « Non à l'insécurité » : les slogans brandis par les jeunes de Yankara témoignent de leur désespoir face aux attaques récurrentes contre les civils et marque une distance nette avec le parti du président.

Muhammadu Buhari a eu des mots sobres pour condamner les récentes attaques qui ont fait 57 morts en début de semaine dans le Katsina, évoquant des « incidents sporadiques ». L'armée mène des opérations dans les Etats de Katsina et de Zamfara pour « neutraliser des bandits », selon ses termes. Mais en vain.

A l'origine de ces violences, des tensions entre éleveurs et agriculteurs, qui se divisent autour de la répartition des ressources foncières. Cela se traduit par du vol de bétail et des enlèvements contre rançons menés par des réseaux de crimes organisés.

Ces réseaux, selon plusieurs observateurs, se sont renforcés et tentent d'établir des connexions avec des groupes terroristes qui avaient disparu de cette zone. A l'image d'Ansarou ou encore de l'Iswap, la branche ouest-africaine de l'organisation Etat islamique.

« Nous avons des informations selon lesquelles Boko Haram d'Abubakar Shekau et l'Iswap tenteraient de s'étendre du nord-est vers cette région », avertit Nnamdi Obasi, chercheur pour l'International Crisis Group (ICG). Cet analyste craint de voir une réelle « passerelle » qui relierait les insurrections islamiques du Sahel et celles qui sévissent dans le Lac Tchad.

Plus de: RFI

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