Congo-Brazzaville: Assemblée nationale - Report sine die de l'élection du premier-vice président

L'élection du premier vice-président de la Chambre basse prévue pour le 12 juin a été reportée à une date ultérieure à la suite du dispositif policier déployé sur le site du Palais du peuple, lequel dispositif a empêché aux députés d'accéder à l'hémicycle.

La situation était confuse, le 12 juin, aux abords du Palais du peuple qui devait abriter la plénière consacrée à l'élection du premier vice-président de l'Assemblée nationale. Cette élection tant attendue n'a malheureusement pas eu lieu au grand dam des députés qui n'ont pu accéder à l'hémicycle. Et pour cause ? Un dispositif militaire avait été déployé, tôt le matin, autour du site, dissuadant les élus du peuple à rebrousser chemin. Visiblement, des instructions avaient été données pour empêcher l'organisation du vote qui, selon toute vraisemblance, devait porter au perchoir l'unique candidate à la première vice-présidence, Patricia Nseya, en remplacement de Jean Marc Kabund démis de ses fonctions le 25 mai dernier.

L'ordre, à en croire des indiscrétions, serait venu du procureur général près le Conseil d'Etat qui aurait sollicité le concours de la police pour faire exécuter l'ordonnance de cette haute juridiction requérant la surséance de l'élection du premier vice-président de l'Assemblée nationale en attendant la décision de la Cour constitutionnelle en rapport avec le recours introduit par Jean Marc Kabund. Passant outre la décision du Conseil d'Etat, le bureau de la Chambre basse a tenu à exécuter son calendrier estimant que la décision de cette haute Cour était, somme toute, « inique, irrégulière et inconstitutionnelle ».

C'était sans compter avec l'obstination du Conseil d'Etat à faire appliquer coûte que coûte sa décision portant annulation de la déchéance de Jean Marc Kabund et suspension de l'exécution du calendrier électoral élaboré en perspective de son remplacement. D'où le scénario du 12 juin. Tout était agencé pour empêcher la tenue du vote. Des dizaines des députés ont été bloqués à l'extérieur de l'hémicycle, tenus en respect par des éléments de la police visiblement conditionnés et peu coopératifs. Toutes les issues étaient bloquées par des camionnettes et un véhicule anti-émeute a même été déployé.

L'arrivée de la présidente de l'Assemblée nationale entraîna un remue-ménage sur fond d'altercation entre les policiers et quelques députés téméraires dont certains réussiront à se faufiler entre les mailles de la sécurité pour accéder à l'hémicycle. A l'intérieur de la salle, la sensation du vide était perceptible. Devant une poignée de députés présents, Jeanine Mabunda n'eut que le temps d'annoncer le report sine de la plénière au regard de la tension qui s'observait aux alentours de l'Hémicycle. « Si les forces de sécurité encerclent le bâtiment de l'Assemblée nationale qui est inviolable, il est irresponsable de demander aux députés de se prononcer aujourd'hui sur l'élection de la vice-présidence de l'Assemblée nationale.

Matériellement, le dispositif qui est mis en place, indépendamment de notre volonté, ne nous permet pas de nous réunir aujourd'hui », a déclaré Jeanine Mabunda, l'air grave. Et d'ajouter : « Ne tombons pas dans la provocation, cette provocation qui consistait à dire que l'Assemblée nationale est la cause des crises. Ne confondons pas un individu avec une institution (... ) Compte tenu du dispositif qui nous entoure, je crois qu'il est bon d'envisager de reporter cette élection à une date ultérieure ».

Ce report n'est pas fortuit et découle de l'entretien qu'elle a eu dans la matinée, avec le Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Le bon fonctionnement des institutions ainsi que le processus de désignation des nouveaux animateurs de la Ceni étaient au menu de cette rencontre dont le but était de mettre un bémol à la crise institutionnelle latente qui couve au sein de l'appareil étatique. « Le chef de l'État, qui suit de très près les péripéties de la vacation à la vice-présidence de l'Assemblée nationale, tient à la stabilité des institutions.

Il ne doute pas d'une issue heureuse de cette question », a-t-elle indiqué. Et plus tard devant ses pairs à l'hémicycle, elle a confessé avoir reçu des sages conseils de la part du chef de l'Etat quant à la gestion de cette crise. Très mécontents par la tournure prise par les évènements, la plupart des députés ont dénoncé l'atteinte à l'inviolabilité du Parlement pourtant consacrée dans la Constitution ainsi que la violation du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs.

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