Sénégal: Nouvelle école, plan 2025 - La Marine nationale parée pour les enjeux de sécurité maritime

13 Juin 2020

Le plan 2025 de l'Armée est en marche. La pose de la première pierre de l'École de la Marine nationale (Eman) a été faite hier et l'infrastructure devrait être livrée en septembre 2021. Une réalisation qui permettra de renforcer les capacités des équipes face aux enjeux de sécurité maritime devenus de plus en plus importants.

Les questions sécuritaires n'épargnent aucun pays. Dans sa volonté de toujours se hisser au niveau des exigences du moment, la Marine nationale va bientôt disposer d'une école. La cérémonie de la pose de la première pierre s'est tenue hier. D'après le Contre-amiral Oumar Wade, Chef d'état-major de la marine sénégalaise, il s'agit de bien plus qu'un projet d'école. « Cette infrastructure va non seulement combler un vide dans la formation, mais également matérialiser un vieux projet important pour la Marine.

Acté par le décret 2019-2097 du 16 décembre 2019, la création de l'Eman va permettre enfin à la Marine nationale de se doter d'un outil adapté de dernière génération et de maintien des compétences, creuset de la formation de ses futurs cadres », a-t-il salué lors de la cérémonie qui a vu la présence du Général de division, des chefs d'état-major de l'armée de l'air, de terre et des directeurs de service.

Abondant dans le même sens, le Général de division Cheikh Wade estime que ce chantier structurant est un jalon supplémentaire dans le projet global de montée en puissance des Armées, notamment au plan des infrastructures et de la préparation de nos ressources humaines. Elle vient s'ajouter aux différents programmes d'acquisition de navires de guerre, au projet de modernisation des bases navales et de renforcement des capacités en ressources humaines, avec l'ambition de doubler les effectifs de la Marine à l'horizon 2030.

« La construction de cette école est à inscrire dans le sillage des efforts importants consentis par les plus hautes autorités de l'État pour hisser la Marine nationale à la hauteur des grands et croissants enjeux de sécurité maritime auxquels notre pays est déjà confronté », a-t-il dit.

Continuité

Selon le Contre-amiral, ce projet est une continuation des projets entrepris par les autorités étatiques qui ont consacré des ressources substantielles à l'acquisition d'équipements pour affirmer la présence en mer comme c'est le cas depuis les nouvelles acquisitions de 2013 avec l'arrivée du Ferlo. « La Marine est sur le point d'acquérir une nouvelle génération de navires avec des patrouilleurs Opv 58S », dit-il.

Par ailleurs, souligne le Chef d'état-major de la Marine sénégalaise, la flotte de 2030 nécessitera des équipages qualifiés et aguerris et un soutien opérationnel et technique ; ce qui conduira à une réorganisation de l'état-major de la Marine en chaînes, la mise en place d'un commandement de zone maritime et des bases navales pour être au plus près des zones d'intervention et contrôler les cours d'eau intérieurs.

Même s'il est persuadé que l'État continuera toujours de mettre à la disposition de la Marine « les matériels les plus performants et mettre en place les infrastructures les plus modernes », le Contre-amiral Oumar Wade estime les investissements risquent d'être vains s'il n'y a pas de ressources humaines suffisantes et de qualité pour les mettre en œuvre et les entretenir de manière adéquate. « Parce que, relève-t-il, la satisfaction des besoins en compétences pour armer les navires et des nouvelles structures exige une maîtrise parfaite des flux de recrutement et du cycle de formation.

Les plans Rh de la Marine à l'horizon 2035 vise à doubler les effectifs actuels, à doter les équipages des savoir-faire et qualifications requises pour la prise en main des nouvelles acquisitions navales et l'accomplissement de missions plus complexes, dans un environnement de sécurité maritime en pleine évolution », a-t-il souligné. Avec des besoins annuels estimés à environ 110 en personnels officiers et officiers mariniers, le Contre-amiral estime que la grande dépendance vis-à-vis des structures de formation étrangères aux offres aléatoires et les faibles capacités du centre d'Instruction naval de la base navale amiral Faye Gassama n'était plus viable.

Horizon 2025

C'est pourquoi, il est convaincu que l'École de la Marine nationale sera l'outil principal du commandement pour faire face aux besoins cruciaux et récurrents de formation jusqu'ici partiellement couverts par le centre d'instruction naval et par les partenaires locaux et étrangers. « L'Eman accueillera des cours et formations d'officiers, de maistrances, d'élèves- quartiers-maîtres. Ainsi, elle permettra d'atteindre une autonomie en termes de formation du personnel dans un environnement conforme à nos exigences professionnelles et répondant par conséquent aux besoins des ressources humaines, s'inscrivant ainsi dans les orientations prioritaires du Chef d'état-major général des Armées.

Au plan infrastructurel, l'ouvrage devrait nous permettre d'accueillir à terme 220 stagiaires de toutes les catégories, 90 personnels d'encadrement et délivrer tous les diplômes et qualifications dans les différentes spécialités de la Marine », précise-t-il.

Dans sa volonté de renforcer les capacités des armées, le Chef d'état-major général des Armées a mis en place le plan 2025. Selon le Sous Cemga, le Général de division Cheikh Wade, ce plan considère la ressource humaine comme étant la plus précieuse de l'Armée. « La formation en est une composante fondamentale et compte parmi les piliers des axes du plan stratégique des Armées. L'état-major général y accorde une attention toute particulière.

Les grands chantiers en cours dans l'enseignement militaire supérieur, avec notamment les projets d'écoles nationales d'état-major et d'école supérieure de guerre, l'illustrent parfaitement », explique-t-il. C'est pourquoi, souligne-t-il, la conception d'un cadre adéquat pour son plein exercice revêt une grande importance.

Plus de: Le Soleil

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