Libye: Le chef de l'ONU demande une enquête sur les charniers

Un enfant traverse les débris et les destructions du centre-ville de Benghazi, en Libye.
13 Juin 2020

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé sa profonde consternation face à la découverte de fosses communes en Libye ces derniers jours, sur un territoire qui était récemment aux mains de l'Armée nationale libyenne (LNA), armée d'opposition dirigée par le général Khalifa Haftar.

La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a annoncé jeudi la découverte d'au moins huit tombes à Tarhouna, à environ 100 kilomètres au sud-est de la capitale, Tripoli, qui était autrefois un bastion des forces du général Haftar, lors de sa campagne de prise de Tripoli, qui dure maintenant depuis plus d'un an.

Dans une déclaration publiée samedi, le porte-parole des Nations Unies, Stéphane Dujarric, a déclaré que le Secrétaire général demande une « enquête approfondie et transparente » et que les auteurs de ces actes soient traduits en justice.

Il a notamment appelé les autorités à « sécuriser les fosses communes, identifier les victimes, établir les causes de la mort et restituer les corps aux proches », et a assuré la Libye que les Nations Unies lui ont offert leur soutien à cet égard.

« Le Secrétaire général rappelle une fois de plus à toutes les parties au conflit en Libye leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme », a déclaré le porte-parole, ajoutant que M. Guterres « réitère son appel à une cessation immédiate des combats en Libye afin de sauver des vies et de mettre fin aux souffrances des civils ».

Stéphane Dujarric a poursuivi en notant que le chef des Nations Unies se félicite de la reprise des travaux de la Commission militaire mixte libyenne, et espère qu'un cessez-le-feu sera bientôt conclu. Mercredi, la MANUL a déclaré que les autorités soutenues par l'ONU et la LNA sont « pleinement engagées » dans le troisième cycle de négociations.

Lors d'une récente réunion du Conseil de sécurité sur la Libye, Stephanie Williams, la cheffe de la MANUL, a indiqué que les Libyens devaient faire face à des bombardements presque constants et à de fréquentes coupures d'eau et d'électricité pendant le mois sacré du Ramadan.

« De ce que nous observons en termes d'afflux massif d'armes, d'équipements et de mercenaires dans les deux camps, la seule conclusion que nous pouvons tirer est que cette guerre va s'intensifier, s'élargir et s'approfondir - avec des conséquences dévastatrices pour le peuple libyen », a-t-elle déclaré au Conseil.

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