Congo-Kinshasa: L'ANR accusée d'avoir torturé un citoyen de Kalemie, dans le Tanganyika

L'ANR-Agence nationale des renseignements-est mise en cause pour avoir interpellé et flagellé un jeune homme ce week-end dans le Tanganyika. La victime est à l'hôpital depuis samedi soir, dans un état grave. Sur les réseaux sociaux, une image de la victime, pantalon baissé, les fesses ensanglantées. Le nouveau pouvoir avait promis l'humanisation de ce service.

En début de semaine dernière, Ghislain Kibwe, accompagné d'un ami, fait des achats pour 700 dollars dans un magasin de Kalemie. Après avoir conclu l'affaire, il laisse ses coordonnées au marchand. Et cinq jours plus tard, c'est-à-dire samedi, lui et son ami sont invités à l'ANR.

« Dès leur arrivée, on les accuse d'être des contrefacteurs de monnaie », explique l'avocat de Kibwe, maître Joseph Mulunda. C'est le marchand qui aurait alerté les services. Après un interrogatoire infructueux, déclare Maïtre Mulunda, Ghilain Kibwe est alors soumis à la torture pour lui arracher des aveux. Les coups de fouets s'enchaînent sur son derrière dénudé... A la suite de ce traitement dégradant, l'intéressé est conduit à l'hôpital. « Il risque de garder des séquelles toute sa vie », estime l'avocat.

A Kalemie, capitale de la province du Tanganyika, les organisations de la société civile accusent le responsable provincial de l'ANR, nouvellement arrivé, d'avoir instauré la terreur. Ces associations demandent qu'il soit immédiatement relevé de ses fonctions.

Selon le ministre national des Droits humains, André Lite Asebea, les responsables de ces exactions ont été interrogés. Il rappelle la politique du gouvernement de tolérance zéro à l'égard des bavures des forces de sécurité. « Rien ne nous empêchera d'aller jusqu'au bout », promet-il.

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.