Cote d'Ivoire: Fonds de soutien aux entreprises - Les conditions ne permettent pas l'accès

Des opérateurs économiques de plusieurs secteurs d'activités sont montés au créneau, le vendredi dernier en zone 4, pour dénoncer les difficultés liées à l'accès aux fonds de soutien alloués aux entreprises face aux effets de la Covid-19. Pour le vice-président de la FIPME, Lolo Diby, par ailleurs membre du Comité de gestion des fonds de soutien, toutes les stratégies ont été compromises par le coronavirus.

« La crise sanitaire est en train de devenir une crise économique. Le bilan transitoire est lamentable. Il est donc question de voir pourquoi ça n'a pas marché et comment éviter la crise sociale qui se profile. « Une personne qui a fermé et qui n'a pas fait de chiffre d'affaires, vous reportez l'impôt, où va-t-il trouver l'argent pour payer ? On demande de solliciter les services d'un expert-comptable pour certifier vos comptes.

Tout ça demande de l'argent et ce sont des anomalies. Les impôts et taxes sont supposés être reportés mais dans la pratique, ce n'est pas le cas (…) Dans d'autres pays, ce sont des subventions que l'Etat fait aux entreprises. Mais quand on demande ici aux opérateurs économiques de prouver qu'ils ont perdu 30% de leur chiffre d'affaires, il n'y a pas meilleure manière de dire qu'on ne veut pas donner.

Il n'y a que 10 milliards sur les 100 milliards prévus comme fonds de soutien au secteur informel qui a été distribué. 162 millions sur 15 milliards alloués aux PME. Les conditions ne sont pas adaptées (…) Le problème n'est pas de nous prêter de l'argent qu'on ne pourra pas payer.

Nous avons besoin qu'on nous diminue les impôts. Ils copient des mesures sur la France ou la Tunisie. Or ca ne marche pas ici en Côte d'Ivoire. Il faut donc accepter de discuter et trouver des solutions adaptées. Les conditions ne permettent pas l'accès aux différents fonds de soutien » a-t-il expliqué.

Au nom des transporteurs, Lamine a indiqué que le secteur est touché par les mesures. « Nous enregistrons une perte de recettes de 50% alors que les charges sont restées intactes.

Nous sommes en attente du fonds de soutien » a-t-il indiqué. La présidente du Syndicat patronal des couturiers et tailleurs de Côte d'Ivoire, Zékré, Epse Kouadio, estime pour sa part que les mesures arrêtées par les autorités ont été radicales « (…) La pauvreté est en train de prendre du terrain dans notre secteur. Et pour avoir accès au fonds de soutien on nous demande de la carte de la CMU. Tout cela n'est pas facile » a-t-elle dit.

Le président du Cercle français de Côte d'Ivoire, Serges Leconte, a égrainé les difficultés que vivent en ce moment les 450 entreprises membres dudit Cercle du fait de la crise.

« Le questionnaire pour avoir accès aux fonds de soutien n'est pas évident, les dossiers, pas évidents et les garanties sont contraignantes » a-t-il martelé. Le représentant des restaurateurs a, lui, pointé du doigt sur les mesures de distanciation qui ont occasionné la baisse des chiffres d'affaires, et provoqué des mises en congé technique ou des licenciements.

Pour lui, un crédit, après des mois de fermeture, ne fera que compliquer la situation des opérateurs économiques. Le président de la Chambre des Libanais en Côte d'Ivoire, Joseph, Khoury a exprimé son inquiétude face à la crise sociale que pourrait susciter la situation liée à la crise sanitaire actuelle.

Il a relevé l'important taux de chômage enregistré par la plupart des entreprises que compose leur organisation. « Le fonds de soutien est plus de la publicité qu'une réalité.

Nous avons demandé des crédits d'impôt, une réduction des redevances industrielles et une exonération des charges sociales. Mais on ne nous a pas accordé » a regretté le président de la Chambre libanaise.

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