Cameroun: Gestion du terminal à conteneurs de Kribi - La Colère de KPMO

Le consortium des neuf entreprises camerounaises s'insurge contre une probable signature d'un partenariat entre le port en eaux profondes de Kribi et le groupe philippin International Container Terminal Services ( ICTSI).

L'heure est au protectionnisme, dans aucun pays monde les dirigeants ne laissent les ressources du pays filer entre les mains d'étrangers. Cela est encore plus vrai dans l'univers de la gestion des ports. Voilà ainsi résumé la raison du courroux des dirigeants d'entreprises qui forment le consortium KPMO.

Réuni à Douala le 11 juin dernier ces derniers ont essayé en vain de trouver des réponses à leurs inquiétudes après la note du président de la République permettant au directeur du Port autonome de Kribi de signer un accord de partenariat avec des phillippins pour la gestion du terminal à conteneurs de ce port. « Notre réaction par rapport au courrier qui a été adressé au directeur général du port autonome de Kribi de signer le contrat du terminal polyvalent du port de Kribi. Nous avons pris acte de cette note, mais nous marquons notre étonnement et surtout notre déception , parce que nous avons fondé beaucoup d'espoir, les Camerounais ont fondé beaucoup d'espoir sur KPMO qui s'est constitué à la demande du gouvernement pour pouvoir être prêt à gérer les ports du Cameroun et assurer la relève par rapport à ce qui se passait avant. C'est ainsi que le gouvernement a interpellé le président du Gicam à l'époque André Fotso, qui nous a rassemblé et a pris la fine fleure des entreprises qui était dans la logistique, les aconiers, les consignataires et les CAD (commissionnaires en douane agréée) », indique Gabriel Manibem, président de KPMO.

Ce dernier ira plus loin en ajoutant que « Nous avons constitué ce groupement avec la volonté de gérer les terminaux portuaires du Cameroun. Et pendant que nous étions en constitution il y a eu un communiqué qui disait que les terminaux de Kribi, Polyvalent et à conteneurs sont donnés à une entreprise sans appel d'offre. Nous avons écrit, et cet appel d'offre a été annulé, et on a relancé cet appel d'offre. A sa lecture, nous nous sommes constitués en groupement avec une entreprise qui avait pignon sur rue -NECOTRANS- avec qui nous avons fait des accords de groupement avec partage de gestion et de participations à 51/49 %. »

Il faut noter que le partenaire Necotrans qui passe actuellement des moments difficiles s'est vu dans l'obligation de quitter le consortium ce qui n'a pas empêché au reste de continuer malgré le préjudice causé par ce départ. Il était tout de même question de trouver un remplaçant à Necotrans ce qui n'est pas du tout évident Nous n'avons pas pu réussir à ce que ces sociétés que nous avons proposées puissent être admises et le gouvernement a annulé l'adjudication. Un autre appel à manifestation a été lancé pour la même gestion de ce terminal, parce que le premier ayant été annulé, il devenait infructueux. Alors KPMO fort de son expérience a proposé une autre offre, à manifester son intérêt de gérer le terminal polyvalent de Kribi » précise Gabriel Manimbem.

Ce coup ne va pas bloquer les ambitions des patrons d'entreprises qui forment KPMO c'est ainsi à travers leurs entreprises individuelles ils vont réussir à faire fonctionner le terminal à conteneurs pendant deux ans. Deux années au cours desquelles leurs performances sont jugées satisfaisantes.

Plus de 1800 mètre métrique de marchandises ont été traités, plus de 72 navires reçus et traités avec célérité. Le groupe envisage même d'autres investissements de plus 1500 milliards de FCFA.

C'est donc à la surprise générale que les patrons d'entreprises qui constituent KPMO vont découvrir la note de la présidence de la République qui donne quitus aux Philippins d'entrer au port de Kribi. Une décision qui aura pour effet immédiat de freiner les ardeurs de KPMO qui tout de même espèrent toujours un revirement de cette situation où mieux une autre concession (au port de Limbe par exemple) pour démontrer le savoir faire local et pourquoi pas revenir à Kribi.

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