Bénin: Ouverture d'un procès pour pratique de charlatanisme

Les auteurs présumés qui comparaissent lundi (15.06.20) sont accusés d'avoir assassiné une petite fille. La mort de Gracia Prunelle a ému l'opinion publique.

C'est lundi (15.06.20) que s'ouvre au Bénin le procès d'un crime rituel qui a ému l'ensemble du pays. Il s'agit de l'assassinat de la petite Gracia Prunelle, une fillette de 7 ans, tuée cruellement il y a près de cinq mois, pour ses organes susceptibles de servir à fabriquer une pommade magique.

Gracia Prunelle a été enterrée samedi (11.04.20) de manière sobre, en pleine pandémie de la Covid-19, dans une commune proche de Porto-Novo, la capitale béninoise.

Pouvoir mystique

Le procès de Gracia Prunelle a lieu au cours de la session criminelle qui s'ouvre lundi (15.06.20) au tribunal de Cotonou. "Cette session criminelle qui s'ouvre lundi connaîtra de 21 procédures, elle permettra de juger 51 accusés... ", a déclaré le procureur de la République près le tribunal de Cotonou, Mario Mètonou.

Et parmi ces 51 accusés annoncés par le procureur, figurent deux complices présumés coupables de la mort de la petite Gracia Prunelle. Le premier, un cybercriminel qui a sollicité les services du second, dans le but de se doter d'un pouvoir mystique.

Les auteurs présumés devraient se servir des organes de Gracia Prunelle à des fins de charlatanisme, selon le procureur de la République de Cotonou, Mario Mètonou :

"Le charlatan de circonstance en acceptant la mission fait savoir à son ami qu'il aura besoin d'argent, qu'il faudra procéder à un sacrifice humain pour prélever des organes. Deux organes humains devaient en effet rentrer dans la composition d'un savon et d'une pommade magique : il s'agit du cœur et de l'encéphale."

Parents encore sous le choc

C'est ainsi, selon les résultats de l'enquête présentés par le procureur du tribunal de Cotonou qu'ils portent leur choix sur une cible facile, le 3 février 2020... Gracia Prunelle sera cruellement assassinée dans un quartier au centre de Cotonou. Ses parents, encore sous le choc de ce drame n'ont pas eu la force d'exprimer leur état d'âme.

La fillette était en effet âgée de 7 ans et était en classe de Ce1.

Ce crime suscite au sein de la population émoi et inquiétude. Sa punition pourra-t-elle être à la hauteur de cet acte odieux ? Saliou Saka, avocat pénaliste, prédit une peine à la hauteur de l'assassinat de la fillette :

"Elle sera dure...Mais ceci étant ça ne suffit pas, même si cette décision de justice qui sera rendue sera sévère et à la hauteur du crime qui a été commis, il n'en demeure pas moins que personne ne pourra ramener cet enfant et que la douleur des parents sera tout aussi vive. Elle passera peut-être à travers le temps, mais vous pouvez vous imaginer ce que ça représente les conditions dans lesquelles on leur a arraché leur fille... ".

En tout cas les deux criminels qui seront jugés, lundi (15.06.20) pour des chefs d'assassinat et de pratiques de charlatanisme risquent la prison à perpétuité. «Le parquet de Cotonou se fera le devoir d'obtenir une condamnation exemplaire des inculpés », selon le procureur de la République de Cotonou.

Plus de: DW

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