Congo-Brazzaville: 60 ans d'indépendance - Lucien Ingole Isekemanga pour le renouvellement de la classe politique congolaise

Avocat et analyste politique, Me Lucien Ingole Isekemanga tire, dans cette communication politique, une sonnette d'alarme pour le renouvellement du personnel politique congolais alors que le pays va totaliser 60 ans d'existence comme Etat indépendant et souverain.

La République démocratique du Congo (RDC) va célébrer, le 30 juin, les soixante ans de son existence en tant qu'Etat indépendant et souverain. Et cela arrive une année après la première alternance pacifique au pays avec la passation civilisée du pouvoir le 24 janvier 2019 entre le cinquième président congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et son prédécesseur, Joseph Kabila qui aura passé dix-huit ans à la tête de la RDC. Et il y a surtout, cette année, la présence de la pandémie de Covid-19 qui a déjà fait plusieurs victimes au pays et dans le monde. Dans une communication politique, Me Lucien IngoleIsekemanga, avocat au barreau de Kinshasa/Matete, analyste politique et ex-secrétaire général du parti politique Mouvement pour le renouveau de Clément Kanku qu'il a quitté en avril 2018, relève qu'il est nécessaire et urgent que l'on fasse «le point sur l'avenir de la RDC et du peuple congolais, victime d'une de plus longues injustices de l'histoire des peuples ».

Il remonte l'histoire du pays en soulignant qu'en 1960, après l'accession à l'indépendance, la RDC avait le même Produit intérieur brut (PIB) que le Canada. Et les Sud-Africains venaient se faire soigner au Congo à l'époque du président Joseph Kasavubu et Joseph-Désiré Mobutu. En 1975, dix ans après la prise du pouvoir de ce dernier que la RDC a amorcé sa descente aux enfers avec la dégradation accélérée de tous les secteurs vitaux du pays (transport, mines, industries, agriculture, etc.) marquant le début de la faillite d'un géant. Lucien Ingole Isekemanga rappelle, par ailleurs, des moments charnière de l'évolution politique du pays, notamment l'entrée de l'AFDL à Kinshasa le 17 mai 1997 avec à sa tête Laurent-Désiré Kabila, l'assassinat de ce dernier le 17 janvier 2001, l'arrivée au pouvoir de Joseph Kabila et les faits marquants de son régime pendant 18 ans.

« Soixante ans d'Indépendance, la RD Congo peine à décoller à la suite d'un personnel politique égoïste, sans scrupule où tous les régimes politiques qui se sont succédé étaient peu soucieux de trouver des solutions aux vrais problèmes des Congolais mais plutôt animés par la satisfaction de l'intérêt personnel. Et aujourd'hui en RD Congo, il y a des individus plus riches que l'Etat. Chose anormale ! » a décrié l'analyste politique. Et d'enchaîner : « Chaque régime crée sa petite oligarchie. Les hommes forts, quelques individus s'enrichissent au détriment de l'ensemble de la population. Dans un pays potentiellement riche, mais les différents gouvernements, sans exception, votent des budgets fantaisistes qui ne sont pas à la hauteur des attentes des Congolais mais entretiennent plutôt le coulage des recettes ».

Au regard de cette gestion calamiteuse de la res publica par le personnel politique congolais depuis la fin de la colonisation en 1960, « le changement du fusil d'épaule s'impose, pas par une baguette magique, mais seule la prise de conscience et la volonté politique de tout un chacun des Congolais aux affaires ou non, désireux de se battre pour le mieux-être des générations futures, pour un autre Congo où il fera beau vivre », note Lucien Ingole Isekemanga. Et à propos du régime actuel, il fait remarquer que les soupçons de corruption et de détournement des deniers publics dans le programme de 100 jours du chef de l'Etat, Félix Tshisekedi Tshilombo, ont entamé le crédit du pouvoir de ce dernier, près deux ans après l'historique alternance pacifique avec son prédécesseur, alors qu'il y avait beaucoup d'enthousiasme au début avec son programme "Le peuple d'abord".

« Il n'est pas tard pour mieux faire, je tire la sonnette d'alarme à l'endroit du nouveau pouvoir parce qu'aucune erreur ne lui est permise. Les élections générales, c'est dans trois ans, il est possible de rectifier le tir et mieux faire les choses, car le peuple congolais n'est plus dupe », a-t-il alerté. Et de s'adresser directement au président de la République : «Le président Nelson Mandela avait dit 'aucun de nous en agissant seul peut atteindre le succès'. Cette réflexion s'adresse aux dirigeants actuels et futurs, spécialement au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, un autre Congo est possible. Les tâches qui vous attendent sont énormes, mais il vous faut de véritables collaborateurs pour aboutir à une vraie refondation de notre pays ».

Il a conclu sa communication par un appel en direction du chef de l'Etat pour une vaste campagne de recrutement, en dépit de l'accord FCC-Cach, des cadres congolais sur la base d'un criterium de compétence, d'éthique et de moralité des hommes et femmes de divers horizons pas trempés dans la mégestion du pays. La finalité ici, c'est le renouvellement de la classe politique congolaise, et l'avènement des hommes et femmes consciencieux et vierges politiquement, des véritables agents de développement résolus à servir la République et offrir une bonne collaboration au chef de l'Etat et l'aider à réussir son mandat.

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