Afrique Centrale: Au milieu des défis de la COVID-19, l'ONU "reste opérationnelle" dans toute l'Afrique centrale

La pandémie de coronavirus a aggravé les problèmes économiques, sociaux et humanitaires croissants auxquels sont confrontés les États et les institutions régionales en Afrique centrale, a déclaré vendredi l'envoyé régional des Nations unies au Conseil de sécurité.

Malgré la crise sanitaire, le représentant spécial François Louncény Fall a souligné que le Bureau Régional des Nations Unies pour l'Afrique Centrale (UNOCA) "reste opérationnel".

Notant que la région a enregistré son premier cas de COVID-19 le 6 mars 2020, et qu'à ce jour, les 11 pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) sont touchés, il a soutenu que l'ONUCA continue à soutenir la Communauté, pendant cette période cruciale de son évolution".

M. Fall a déclaré que les chiffres de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) font état de 21 929 cas confirmés en laboratoire et de 462 décès pour les États d'Afrique centrale à la date de jeudi.

Retombées économiques

Citant les experts de la CEEAC, l'envoyé des Nations Unies a indiqué qu'une contraction de 2,3 % de la croissance était prévue cette année dans toute l'Afrique Centrale.

Il a fait savoir que le ralentissement des activités économiques dû à la COVID-19 "prive les États des ressources dont ils ont besoin pour faire face à l'impact socio-économique de la pandémie, avec le risque de créer des troubles sociaux".

"Comme les gouvernements sont obligés de choisir entre des dépenses urgentes de santé publique et d'autres priorités, ils risquent de ne pas disposer des ressources nécessaires au bon fonctionnement des institutions nationales et au financement de réformes cruciales", a détaillé M. Fall.

Pour faire face à la pandémie, il a élaboré une stratégie de réponse régionale à quatre axes qui se concentre sur la prévention de la propagation du virus, la gestion des cas et la limitation du taux de mortalité, la prise en compte des impacts socio-économiques et sécuritaires et la réponse aux problèmes de sécurité transfrontaliers créés par la pandémie.

Autres défi liés à la COVID

Malgré l'appel du Secrétaire général le 23 mars pour un cessez-le-feu global, un certain nombre de conflits ont continué dans la sous-région, affaiblissant les efforts de réponse aux défis de la COVID-19, selon le Représentant Spécial.

Et alors que M. Fall a félicité les États pour leurs efforts visant à limiter l'impact de la pandémie sur les droits économiques et sociaux, il a également rappelé aux gouvernements de veiller à ce que les agents chargés de l'application de la loi "respectent les principes et les normes en matière de droits de l'homme", et appliquent "soigneusement et proportionnellement" des mesures restrictives pour empêcher le virus de se propager.

Des attaques armées incessantes

Pendant ce temps, les groupes terroristes et armés ont continué à déstabiliser la sous-région.

"Je condamne fermement les attaques délibérées contre les civils et la destruction de la propriété privée et des infrastructures publiques, y compris les hôpitaux", a déclaré le chef de l'ONUCA, appelant à un soutien international accru pour mettre en œuvre la Stratégie Régionale de Stabilisation, Redressement et de Résilience aux zones touchées par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.

Insistant sur le fait que le groupe rebelle autoproclamé Armée de résistance du Seigneur (LRA) "continue à tuer, piller et enlever des civils et des enfants", en particulier en République Démocratique du Congo, il a appelé les acteurs régionaux et les partenaires internationaux à vaincre enfin cette organisation militante de type sectaire en renforçant la coopération et en mobilisant des ressources dans le cadre de la stratégie régionale des Nations Unies.

Il a également informé les 15 membres du Conseil que l'impact du changement climatique sur la paix et la sécurité en Afrique centrale reste "une priorité majeure" dans la prévention des conflits et le maintien de la paix, tout comme la menace croissante de l'insécurité maritime dans le Golfe de Guinée, qu'il a qualifiée de "priorité absolue de notre ordre du jour".

Bonne gouvernance

Le Représentant Spécial a déclaré que les États d'Afrique Centrale ont accru leurs efforts pour "améliorer la bonne gouvernance et répondre aux situations internes difficiles qui menacent leur stabilité".

"Dans plusieurs pays, des poursuites judiciaires ont été engagées contre des personnalités éminentes pour des allégations de détournement de ressources publiques", a-t-il affirmé, notant que d'autres actions positives avaient été entreprises au Cameroun et à Sao Tomé-et-Principe.

M. Fall a réitéré que l'Afrique centrale continue à faire face à de nombreux défis dans cette région, amplifié par la COVID-19 "dans une mesure que nous ne pouvons pas encore évaluer avec précision".

"Les mesures individuelles et collectives prises par les pays de la sous-région pour contenir la pandémie et relever les autres défis auxquels ils sont confrontés sont encourageantes et méritent le soutien de la communauté internationale", a-t-il conclu.

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