Cote d'Ivoire: Hommage à Jean Vincent Zinsou - Notre JVZ de nos années étudiantes sur le campus s'en est-il allé !!!

Ah Les réseaux sociaux ! Toujours les réseaux sociaux ! Cette technique de communication moderne ! Toujours plus rapide que la vitesse du son pour ce qui touche à la diffusion des informations bonnes ou mauvaises en temps réel. Ce sont sur ces médias sociaux que, dans la nuit du 16 au 17 juin, j'ai lu cette dévastatrice nouvelle du décès de Son excellence. Je n'ai pas pu fermer les yeux jusqu'au matin. Pour en avoir le coeur net, j'appelai sa nièce Mme AAMA. Qui me la confirma. J'en suis très consterné.

Parce que ce grand homme, ce grand historien, ce brillant diplomate qui part dans le silence de la mort n'était pas seulement l'ancien directeur général du CNOU que je connaissais. Il était devenu un membre de ma famille. Parce que, très tôt, en 1990, il m'avait pris en grande estime à l'issue d'une rencontre houleuse que j'avais eue avec lui à cause d'un problème de logement quand j'étais un nouvel étudiant.

J'avais été logé dans l'une des cités universitaires de Yopougon dite Yop 1.

Je ne pouvais pas emprunter régulièrement les cars de transport mis, à l'époque gratuitement, à la disposition des étudiants par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. À cause de mon handicap physique qui ne me permettait pas de résister aux bousculades engendrées par les étudiants pour avoir une place assise dans les bus.

Alors, il me fallait tout faire pour être relogé sur le campus de Cocody qui n'était pas loin de ma faculté. Seul, un mot du puissant directeur général du CNOU, du Centre national des oeuvres universitaires, de l'époque, suffirait pour me permettre d'obtenir une chambre dans les cités universitaires de Cocody réservées aux étudiants en sciences médicales.

Sur les conseils de ma soeur aînée I,D. également étudiante, je me rendis au bureau de celui que tous les étudiants appelaient JVZ. Il recevait tous les mardis en sa salle de conférence sans rendez-vous jusqu'à 11h. Les autres jours, c'était sur rendez-vous.

La spécificité de ses audiences avec les étudiants n'était pas un tête-à-tête dans son bureau mais chacun exposait les raisons de sa présence dans cette salle de conférence et devant tous. Je lui avais posé les miens et il m'avait répondu sèchement : " Ce n'est pas possible monsieur." Et, il ajouta : "Au suivant !" Dès qu'il avait dit : " Au suivant !" Il en avait fini avec celui à qui il avait dit ça.

Je n'acceptais pas qu'il expédît mon problème de la sorte. J'étais resté là assis devant lui et je lui avais rétorqué que je ne sortirais pas de la salle tant que mon problème de relogement n'était pas résolu par lui. Je lui avais aussi rappelé que l'on m'avait conseillé qu'il était le seul à pouvoir le résoudre.

Il voulait continuer son audience avec les autres étudiants. J'insistai que j'attendrais là tant qu'il n'aurait pas trouvé une solution à mon relogement. Sinon je ne le laisserai pas continuer. Il me regarda longuement. Puis il appela son assistante particulière Mme Y. T. Il l'instruisit : " Je reçois monsieur, le mercredi à 9h"

Ainsi, le lendemain, à 7h30, je me pointai à son bureau et l'on m'installa dans la même salle de conférence. Dès qu'il arriva, il demanda après moi, en ces termes : "Ange DAGARET-DASSAUD est-il là?" De sa voix presque comme celle d'un rockeur. Son assistante particulière répondit par l'affirmative. Il rentra dans la salle où je patientais et il me salua avant de me demander de le suivre dans son bureau.

Dès qu'il s'assit ; il me lança au visage : " Tu es un dur ! M'a-t-on dit de toi. Et il rédigea un mot à l'attention du directeur du logement du CNOU, monsieur L.L Qu'il avait mis sous pli fermé. Ce que je remis en mains propres au destinataire.

Celui-ci me faisait faire des va et vient. Ceux-ci m'avaient poussé à bout et j'avais exprimé ma grosse colère contre celui qui allait devenir plus tard un grand ami à moi.

C'était un grand honneur pour moi. Après que j'avais manifesté ma colère contre lui à cause des va et vient que son directeur des logements me faisait vivre. Et depuis lors nous sommes restés des amis.

Il m'honorait vraiment de cette amitié du maître avec son étudiant. Je bénéficiais de ses conseils d'homme de grande culture et de spécialiste en histoire des relations internationales. Il faisait partie, à l'instar de feu l'ancien préfet maire, de Gagnoa, Albert Baï Tagro de ceux qui m'avaient montré l'intérêt politique et social d'accepter la proposition de feu Mel Eg Théodore d'être un membre de la liste du PDCI-RDA aux municipales de 1990.

Bizarrement, JVZ et moi avions la passion de trois choses : le PDCI-RDA dont il était un membre du Comité directeur, l'Africa-Sports National dont il était l'un des grands dirigeants et l'écriture. Nos plumes nous ont permis de nous retrouver souvent dans les colonnes du journal des Ivoiriens, "Le Nouveau Réveil", dans lequel il était l'un des grands chroniqueurs.

Je perds, avec le décès subit de JVZ, un maître, un encadreur au CNOU, un grand frère au PDCI-RDA, un ami à Cocody-les Deux-Plateaux.

La mort vient de nous l'arracher au moment où il est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Après des loyaux services rendus à la Côte d'Ivoire.

Il rejoint son épouse, son amour de jeunesse, feue Victorine GRIS-ZINSOU, ma grande soeur par l'alliance d'une amitié fraternelle entre feux nos pères Gris Camille, son beau-père et mon père Kouassi Dagaret Jérome.

Il part définitivement vers sa douce Victo pour lui avouer encore et éternellement qu'il ne pouvait la laisser seule longtemps auprès de Celui devant qui ils s'étaient mariés pour le meilleur et pour le pire. Et en qui le couple avait toujours cru de leur vivant. En participant à l'eucharistie à la paroisse Saint Jacques des Deux-Plateaux.

Que leur âme repose en paix ! Au revoir JVZ!

Ton jeune ami

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