Burkina Faso: Arrestation d'un magistrat pour tentative d'escroquerie - Il faut souvent secouer le cocotier !

Palais de Justice

En début de semaine en cours, j'ai appris par voie de presse, qu'un magistrat, par ailleurs substitut du procureur général de la Cour d'appel de Ouagadougou, a été arrêté et déféré à la MACO. Au départ, je n'en croyais pas mes oreilles. Mais renseignement pris, j'apprends que le magistrat en question faisait partie d'un groupe de personnes qui ont approché le maire de la capitale, Armand Béouindé, pour lui faire une proposition indécente. Il semble que ces individus réclamaient la bagatelle de 70 millions de F CFA pour faire classer sans suite, le dossier de l'édile.

Rappelons que le maire Armand Béouindé est actuellement dans le collimateur de la Justice puisque le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, a ouvert une enquête après les révélations de la presse selon lesquelles l'acquisition, par la commune de Ouagadougou, de nouveaux véhicules, ne l'a pas été dans les règles de l'art.

Je vous fais l'économie des détails pour vous dire qu'en substance, les uns et les autres reprochent à tort ou à raison au maire, des faits de malversations. Mais comme l'enquête est encore en cours, je me garde, pour l'instant, de jeter l'anathème sur qui que ce soit. Cela dit, je reviens sur le cas du magistrat arrêté pour dire que si ma mémoire est bonne, c'est la première fois que cela arrive dans notre pays. Certes, la culpabilité de l'intéressé n'est pas encore établie. Mais je me suis dit que si ses collègues magistrats ont décidé de l'interpeller, c'est qu'il y a un fond.

Notre appareil judiciaire est infesté de magistrats corrompus qui ne jurent que par l'argent

Le dossier doit être consistant et est loin d'être vide comme le pensent certains. Moi, je n'ai rien contre quelqu'un. D'ailleurs, je ne connais même pas le magistrat en question. Mais je souhaite que si les faits à lui reprochés sont avérés, il soit sanctionné pour l'exemple. Car, c'est connu de tous que notre appareil judiciaire est infesté de magistrats corrompus qui ne jurent que par l'argent. Avec eux, les jugements sont rendus à la tête du client. Le plus-disant s'en sort toujours mieux par rapport au moins-disant et cela, même si ce dernier a raison.

Ce sont ces quelques individus indélicats qui ternissent l'image de cette noble corporation qui, je le sais, compte des hommes et des femmes valeureux, qui font leur travail avec professionnalisme en toute âme et conscience. Je tire d'ailleurs mon chapeau à cette catégorie de magistrats pour qui, seul doit être dit le droit, en toute indépendance et en toute impartialité. J'en connais même qui, par moments, ont eu à refuser de l'argent que certains justiciables ont eu à leur proposer quand ils ne menacent même pas de les traduire en justice pour tentative de corruption.

Moi, je suis de ceux-là qui pensent que si souvent des sanctions sont prises à l'encontre des magistrats qui prennent trop de libertés avec l'éthique et la déontologie, les choses changeront positivement dans le domaine de la Justice. Certains se croient si intouchables qu'il faut souvent secouer le cocotier. En 2018, j'avais vite fait d'applaudir quand j'avais entendu que le conseil de discipline du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avait épinglé des magistrats pour manquements graves à l'éthique et à la déontologie. Mais ma joie n'aura été que de courte durée puisque deux ans après, il n'y a pas eu de suite.

Et j'ai bien peur que cette fois-ci aussi, le dossier ne soit noyé dans les armoires d'un tribunal quelconque. Mais on n'en est pas là. Pour l'instant, j'attends de voir l'évolution des choses puisqu'au stade actuel, le mis en cause bénéficie toujours de la présomption d'innocence. Peut-être saura-t-il se défendre comme il se doit et se tirer d'affaire. C'est tout le mal que je lui souhaite, pour autant qu'il n'ait rien à se reprocher.

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