Madagascar: Gestion des aires protégées - La migration comme menace commune

La gestion des aires protégées constitue un sujet de controverse et d'opposition. Le réel développement constitue un enjeu pour les acteurs et les communautés.

Le phénomène migratoire comme problème commun dans les aires protégées. Les gestionnaires font leur possible pour que les populations locales vivent en harmonie avec les ressources naturelles qui leur procurent divers produits de subsistance. Cependant, diverses menaces pèsent sur les aires protégées et elles sont presque les mêmes dans tout Madagascar. La migration est l'une des principales raisons de la dégradation forestière. Le déplacement de plusieurs familles en provenance d'une ou plusieurs régions influe ainsi sur la dynamique des régions d'accueil telle que la démographie, l'équilibre de l'écosystème. Marie Claudine Ranorosoa, coordonatrice nationale de la nouvelle aire protégée de Tampolo, district de Fenoariveo Atsinanana, explique que la valeur des ressources est mal exploitée. « Tout le monde y puisse les bois de chauffe et le charbon. Pour maîtriser le problème, nous avons demandé aux paysans les projets qui les aspirent pour qu'ils décrivent eux-mêmes les défis de développement qu'ils désirent réaliser », exprime-t-elle.

Pour le cas des zones Moramanga et Anosibe An'Ala, le directeur exécutif de Madagasikara Vokajy, Hanta Julie Razafimanahaka, restitue que le phénomène migratoire figure parmi les facteurs du tavy. « Cette culture, l'exploitation de bois de construction et de chauffe, celle aurifère intéressent bon nombre de jeunes. Mais les communautés accordent de l'importance à la conservation quand elle reçoit l'appui de l'État en termes de contrôle », fait-elle savoir. L'ONG Fanamby qui intervient dans cinq aires protégées a, par exemple, identifié trois grands facteurs de blocage de développement à savoir l'ignorance de la population, la différence culturelle qui engendre des conflits, l'exploitation informelle de mines.

Modèle

La bonne gestion dépend, toutefois, de la superficie des zones à conserver. Le Groupe d'étude et de recherche sur les prima tes de Madagascar (GERP), s'occupe de la forêt de Maromizaha. Auparavant, les habitants étaient sceptiques quand les chercheurs du groupe les ont abordés. « Au fur et à mesure que nous leur avons expliqué l'importance de la conservation, ils ont réalisé que leur implication allait changer les choses. Une plateforme des sages rassemble les bonnes idées et coordonne toutes les activités. Les paysans ont bénéficié de multiples formations sur le guidage, l'apprentissage de langues étrangères, les activités génératrices de revenus comme la production de pépinières, l'apiculture, la pisciculture, l'élevage porcin, l'aviculture », relate Pr Jonah Ratsimbazafy, président de GERP. Les communautés de Maromizaha envisagent de booster l'écotourisme pour décongestionner le parc national d'Andasibe.

Hier et ce jour, plusieurs gestionnaires d'aires protégées se réunissent à Amba- tobe afin d'évaluer avec le ministère de l'Environnement et du développement durable (MEDD) les failles dans la gestion, les axes à améliorer, les stratégies claires et durables. Le ministre de tutelle, Vahinala Raharinirina Baomiavotse, indique que les communautés déplorent l'absence de développement dans leur environnement.

Or, les populations devraient sentir et percevoir les impacts de la conservation liée au développement car la gestion devrait contribuer à la lutte contre la pauvreté. Dans cette visée, le MEDD entend reprendre le leadership et la notoriété environnementale en concluant un partenariat avec les gestionnaires pour que les populations locales bénéficient pleinement des retombées de la gestion durable. D'autant plus que les aires protégées sont stratégiques pour le développement de l'écotourisme malgache.

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