Rwanda: Kevine Kagirimpundu, les convictions d'une jeune rwandaise qui a imposé sa marque de chaussure

23 Juin 2020

L'ancienne meilleure élève du Lycée des jeunes filles du Rwanda, Kevine Kagirimpundu n'a pas regretté d'avoir abandonné les études en ingénierie pour se lancer dans l'entrepreneuriat.

Elle et sa co-fondatrice d'Uzuri K et Y ont vendu plus de 50.000 paires de chausses écologiques à travers le monde. Elle est convaincue qu'elle peut contribuer à la transformation sociale au sein de sa communauté.

Kevine Kagirimpundu aime faire ce qu'elle ressent. C'est pour cela qu'elle a pris un virage, juste après son admission au cycle d'ingéniorat à l'Université du Rwanda. Elle n'a pas voulu perdre son temps, dans les amphithéâtres, sans conviction.

L'une des meilleurs élèves du Lycée national des jeunes filles a alors décidé de prendre son destin en main. Elle met entre parenthèse des études supérieures en ingénierie pour apprendre le design.

Comme tout jeune étudiant, Kevine se met à rêver de changement, de transformation sociale, de réduction des inégalités, d'élimination des fractures sociales...

Elle croyait fermement qu'elle peut contribuer à changer le cours de la vie pour certaines filles et femmes qui n'avaient pas eu l'opportunité d'aller à l'école.

L'ancienne meilleure élève des jeunes filles savait très bien qu'elle ne pouvait pas réaliser ce rêve en travaillant dans l'administration. L'alternative, c'est l'entrepreneuriat.

Cette demoiselle partage les mêmes convictions avec une autre fille qui ne voulait pas avoir les mains liées en devenant bureaucrate. Elles ont porté sur les fonts baptismaux leur start-up.

« Nous voulons donner l'opportunité à celles qui n'avaient de chance d'aller à l'école. Nous savons choisi de se lancer dans l'entrepreneuriat pour aider nos communautés. L'autre objectif, c'est d'apporter des solutions aux problèmes actuels, nos communautés sont confrontées », se confie Kevine.

L'idée de tirer des femmes et des filles démunies de la précarité n'est plus un rêve de jeunesse. Ces deux jeunes filles peuvent se targuer d'avoir donné un coup de pouce à une dizaine de start-ups. « Nous avons formé d'autres personnes qui ont monté leur entreprise et qui gagnent leur vie », a évoqué Kevine.

Cette transformation sociale, en faisant quitter un individu d'un statut de précarité à celui de moins de vulnérabilité est l'essence de la philosophie de cette jeune scientifique imbue de valeur d'humanisme. Mais Kevine, c'est aussi, ces jeunes qui rament à contre-courant des idéaux capitalistes.

Elle est foncièrement contre la maximisation de la richesse au détriment de la préservation de l'environnement. « Notre activité participe à la préservation de l'environnement. Nos chaussures sont fabriquées avec des matériaux recyclés, des pneus.

Nous devons toujours penser à la durabilité, à la préservation de l'environnement », conseille l'une des co-fondatrices... Leur entreprise a été nominée parmi les 10 finalistes au Africa's Business Heroes prix de la Fondation Jack Ma en 2019.

Les deux amis ont saisi toutes les opportunités offertes par les nouvelles technologies pour hisser leur pouce dans le cercle de celles des entreprises les plus en vue au Rwanda et en Afrique.

Kevine et son amie ont investi un secteur où il y a peu d'unités structurées de fabrication de chaussures. La touche des deux amis, c'est de sortir des schémas classiques de production des chaussures.

« Nous croyons à la fabrication d'une marque de chaussures écologiques typiquement venant du Rwanda, d'Afrique. Nous avons utilisé le E-commerce pour écouler plus de 50.000 paires de chaussures à travers le monde », a révélé Kevine.

Leur start-up a créé une centaine d'emplois directs, et une soixantaine d'emplois indirects. Lorsque lui pose la question à savoir est-ce que l'entrepreneuriat est difficile. La demoiselle répond d'abord par un sourire. Ensuite, elle se réajuste.

Enfin, elle théorise. « D'une manière générale, beaucoup d'Africains sont des entrepreneurs parce qu'ils se débrouillent avec des petits métiers pour vivre. Mais il y a aussi le fait que les économies de nos pays n'offrent pas beaucoup de perspectives pour ceux cherchent de l'emploi », argumente la passionnée de l'entrepreneuriat.

L'obsession d'imposer leur marque pousse les deux amies à travailler sans répit, à chercher à capitaliser l'expérience d'autres entrepreneurs, d'autres managers.

Les deux complices ont décidé de s'inscrire dans un processus continu d'apprentissage pour maintenir le cap de la performance. « J'aime partager mon expérience avec ceux qui font leurs premiers pas dans l'entrepreneuriat. Mais je passe beaucoup de temps à apprendre pour savoir comment les autres ont fait ?

J'ai la chance de côtoyer de grands entrepreneurs à travers le monde. Cela m'a beaucoup aidé », reconnaît Kevine. Son discours chante persévérance, la compétence comme le moteur pour la réussite dans toute entreprise y compris en entrepreneuriat en Afrique.

Aujourd'hui, comme dans le reste du monde, les technologies ont permis à des milliers de jeunes de se lancer dans l'entrepreneuriat. C'est le premier secteur pourvoyeur d'emplois dans beaucoup de pays.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.