Congo-Kinshasa: Clientélisme politique à l'Assemblée nationale

Christophe Lutundula, député national, s'est interrogé à haute voix, sur Top Congo, au sujet de la méthodologie de travail en vigueur à l'Assemblée Nationale, où il a constaté une programmation sélective des propositions des lois à soumettre à l'examen de la chambre basse du Parlement.

Comme par hasard, le bureau de cette institution est piloté par des délégués du FCC (Front Commun pour le Congo). S'agit-il là de clientélisme politique ?

L'intéressé, ancien 2me vice-président de l'Assemblée Nationale sous le mandat de Vital Kamerhe (2007-2009) et actuellement membre de la Commission Politique, Administrative et Juridique, n'ose par l'affirmer. Mais les observateurs, eux, l'ont déjà fait à sa place, au regard des derniers cas sous examen.

En effet, déposée il y a quelques jours à peine, la proposition de loi signée Aubin Minaku et son collègue Garry Sakata, et portant modification du statut des magistrats, pour les placer sous les ordres du ministre de la Justice, a déjà reçu le feu vert du bureau piloté par Jeanine Mabunda comme matière à inscrire à l'ordre du jour de la « PAJ », avant d'être programmée pour débat en plénière.

Curieusement, la proposition de loi de Lutundula portant sur la réforme de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), déposée depuis 9 mois (08 septembre 2019), continue de moisir dans les tiroirs. C'est seulement en mai dernier, plus précisément le 25, signale-t-il, que le texte a été envoyé au gouvernement pour les observations d'usage, et l'exécutif national l'a retourné au bureau de l'Assemblée Nationale pour les dispositions utiles, notamment sa transmission à la Conférences des Présidents en vue de lever l'option de sa recevabilité ou de son rejet, et ensuite à la Commission Politique, Administrative et Juridique pour son toilettage, et enfin son inscription à l'ordre du jour des matières à débattre en plénière.

Depuis lors, c'est le silence radio. Cela est d'autant troublant que le débat bat son plein, présentement, autour des critères de désignation du futur président de la CENI, et de sa configuration comme institution réellement indépendante. Car, pour l'heure, son staff est dominé par des représentants des partis et regroupements politiques, d'où son inféodation aux lobbies politiques.

L'enseignement à tirer d'emblée du blocage non seulement de la proposition de loi de Lutundula, mais aussi de celles d'autres députés nationaux qui ne sont pas en odeur de sainteté du côté du FCC (Front Commun pour le Congo) est que le pays fonctionne encore sous le régime des lois taillées sur mesure. Mais d'aucuns pensent qu'à force de chercher à barrer la route à l'émergence de l'Etat de droit, les ennemis de la démocratie vont finir par énerver le souverain primaire et être sanctionnés sévèrement en 2023, une échéance qui n'est plus aussi lointaine que le croyaient certains acteurs politiques. Kim

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