Afrique: Lutte contre le VIH/SIDA - ONUSIDA plaide pour une nouvelle stratégie pour contrer la COVID-19

Pour tirer l'attention des gouvernements et des services sanitaires quant aux conséquences négatives que pourront engendrer l'inattention et les perturbations de la mise en œuvre des programmes liés à la prévention et la lutte contre le VIH/Sida, l'ONUSIDA a fait le week-end dernier une déclaration.

Dans la déclaration de l'institution onusienne, il est relevé que la perturbation des services et programmes de lutte contre le sida occasionnée par la Covid-19 pourrait entraîner des centaines de milliers de décès supplémentaires dus au VIH. Car l'attention des Etats est actuellement focalisée sur la pandémie à coronavirus, alors qu'il y a le sida qui constitue elle aussi une pandémie. Ainsi, les progrès réalisés en matière de prévention de la transmission mère-enfant du VIH pourraient être remis en cause, du fait de l'augmentation de nouvelles infections par le VIH chez les enfants.

« Si des efforts ne sont pas déployés pour atténuer et surmonter les effets de la perturbation des services de santé et de l'approvisionnement en fournitures sanitaires pendant la pandémie de la Covid-19, l' interruption des traitements antirétroviraux pourrait entraîner plus de décès supplémentaires dus à des maladies liées au sida, notamment entre 2020-2021 », alerte ONUSIDA, en insistant sur le fait que la Covid-19 constitue l'une des raisons susceptibles d'entraîner une interruption et de bouleverser les programmes et services destinés à la lutte contre le sida. Pour ce faire, les communautés et les partenaires doivent agir dès maintenant car l'impact d'une interruption d'un traitement antirétroviral pourrait effectivement provoquer un retour en arrière des progrès déjà enregistrés.

« La pandémie de Covid-19 ne doit pas être une excuse pour détourner les investissements de la lutte contre le VIH. Ces acquis remportés de haute lutte contre le sida risquent d'être sacrifiés au profit de la lutte contre la Covid-19, mais le droit à la santé signifie qu'aucune maladie ne doit être combattue aux dépens d'une autre », a déclaré la directrice exécutive de l'ONUSIDA Winnie Byanyima, en précisant que, lorsque le traitement est observé, la charge virale du VIH baisse à un niveau indétectable, ce qui permet de maintenir les personnes atteintes en bonne santé et d'empêcher la transmission du virus. Cependant, lorsqu'une personne n'est pas en mesure de prendre régulièrement un traitement antirétroviral, la charge virale augmente, ce qui a une incidence grave sur la santé de la personne et peut, au bout du compte, entraîner la mort. Des interruptions de traitement relativement courtes peuvent aussi avoir un impact négatif majeur sur la santé d'une personne et sur la possibilité de transmission du VIH.

« Un grand nombre de décès continueraient à être observés du fait de cette interruption. Chaque décès est une tragédie. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et laisser des centaines de milliers de personnes dont beaucoup de jeunes, mourir inutilement. Je prie les gouvernements de veiller à ce que chaque homme, femme ou enfant vivant avec le VIH reçoive régulièrement un approvisionnement en traitements antirétroviraux, », a conclu la responsable de l'ONUSIDA.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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