Burkina Faso: Ministère des Infrastructures - Revue des ouvrages dans les Cascades

Le ministère des Infrastructures a tenu à Banfora, du 18 au 19 juin 2020, son premier Conseil d'administration du secteur ministériel (CASEM) de l'année 2020 sur le thème « Infrastructures routières, défis sécuritaires, « covid 19», présidé par Eric Bougouma.

Il s'est agi, avec son staff, de faire le bilan de l'année 2019, jugé satisfaisant avec un taux de 82% de réalisations, de se pencher sur les perspectives en 2020 et d'aborder l'impact de la corruption sur la qualité des infrastructures avec Luc Marius Ibriga, contrôleur général de l'ASCE-LC.

Conformément à l'invite du Premier ministre, Christophe Dabiré, qui est que, du fait de la ccélébration du 11-Décembre à Banfora, les ministères y orientent leurs activités dans la mesure du possible, le présent CASEM du ministère des Infrastructures, dira Eric Bougouma, leur offre l'opportunité de faire le point de la mise en œuvre des activités de leur département au cours de l'année 2019 ainsi que le point provisoire au 31 mai 2020 afin d'apporter les mesures correctives nécessaires à une meilleure orientation des activités pour le reste de l'année 2020.

Il s'agissait également de faire le point des chantiers « flottants », de ceux qui doivent être inaugurés ou démarrés...

S'agissant de la mise en œuvre des chantiers, le ministre a indiqué d'entrée de jeu que, comme les autres années, leurs activités ont été impactées par les contraintes financières et le contexte sécuritaire.

« Plusieurs chantiers ont connu des débuts difficiles, compte tenu justement des questions sécuritaires », a souligné le ministre, pour qui c'est cela qui justifie le choix de ce thème.

Mais « en dépit de toutes ces contraintes, notre département a relevé de nombreux défis au regard des résultats atteints », a poursuivi ce dernier qui a ajouté : « Nous pouvons dire que c'est satisfaisant ».

La preuve, à entendre le patron burkinabè des infrastructures, sur un total de 301 activités inscrites en 2019, 171 ont été achevées, 96 sont en cours de réalisation et 34 n'ont pas pu démarrer, soit un taux d'exécution physique globale de 82%.

Au-delà des contraintes financières, le contexte sécuritaire et sanitaire lié à la covid 19 a constitué la principale contrainte dans l'exécution de la plupart des projets d'infrastructures routières.

Le linéaire total de route en travaux de bitumage/renforcement/entretien périodique est de 1 735,07 km (réseau classé et voiries urbaines). Sur ce linéaire, il y a environ 776,06 km de route dont les travaux de bitumage/renforcement ou d'entretien périodique sont achevés et 958,53 km en cours d'exécution.

Pour ce qui est de la mise en œuvre des perspectives, on peut retenir le démarrage en 2020 de plusieurs projets routiers.

En effet, pour la construction et le bitumage des routes, il y a les axes Ouahigouya-Djibo (110 km) ; Tougan-Ouahigouya (94) ; Guiba-Garango (72 km) ; Gounghin-Fada-Piéga-frontière du Niger (RN4 218 km).

Toujours en 2020, il y a l'entretien périodique de routes et l'entretien courant du réseau routier classé et des pistes rurales ; l'aménagement d'environ 1 000 km de pistes rurales ; la construction de nouveaux postes de péage (Ouaga-sortie Fada, Ouaga-sortie Bobo, Bobo-sortie Ouaga) et, enfin, les études des travaux d'aménagement et de bitumage des routes RN26 Cinkansé-Sanga-Soudougui-Diabiga (82 km) et les voiries à Ziniaré dans le cadre des festivités du 11 décembre 2021. Il faut aussi signaler l'ensemble des travaux d'infrastructures de la région des Cascades dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire du Burkina le 11 décembre 2020.

Au menu de ce CASEM dont l'ouverture s'est effectuée devant les autorités administratives de la région, plusieurs communications.

Comme la modernisation des postes de péage au Burkina. Et Eric Bougouma, d'affirmer que ce projet de modernisation de ces postes de péage va permettre non seulement d'assurer plus de sécurité aux usagers des routes mais aussi de mobiliser plus de recettes pour l'entretien du réseau routier national.

En attendant cette modernisation, on note 48 postes de péage au Burkina dont 38 sont fonctionnels. «Impact de la corruption sur la qualité des infrastructures», a été l'une des communications chère au ministre Bougouma, développée par le contrôleur général d'Etat, Luc Marius Ibriga.

Eric Bougouma soutiendra que la lutte contre la corruption est un engagement fort du président du Faso et de son gouvernement.

«Notre département se rajeunit de plus en plus et la jeunesse est en train de prendre les responsabilités et il faut qu'elle les prenne sur des bases solides », souhaite le ministre qui a demandé l'engagement de tous à lutter contre toutes les pratiques qui sont aux antipodes des bonnes règles dans les services publics, « mais également toutes pratiques qui peuvent donner lieu à des infrastructures de faible qualité ».

Le contrôleur général de l'ASCE-LC a soutenu que le ministère des Infrastructures est connu comme un ministère à argent. « Il y a de gros sous, et là où il y a de gros sous, il y a de grandes envies et ces grandes envies doivent être maîtrisées », dira Luc Ibriga, qui s'est appesanti sur la relation qui peut exister entre la corruption et la qualité des infrastructures.

« Le ministère doit être conscient que de par son activité et de par les sommes qu'il gère, il est potentiellement exposé à la corruption institutionnalisée », dira-t-il.

Foi du contrôleur général de l'ASCE-LC, cette corruption institutionnalisée a un impact sur les activités du ministère. Se basant sur le passé, exemples à l'appui, il affirmera que l'intervention de la corruption conduit à des routes mal faites.

« On l'a vu avec l'axe Ouaga-Bobo, dans les voiries de Ouaga », précise-t-il et pour cela, il faut véritablement la mise en place de mécanismes de prévention qui apportent plus de transparence et afin que ceux qui doivent assurer le contrôle et la supervision fassent correctement leur travail.

« Cela demande aussi que chacun d'entre nous élève sa culture de l'intégrité pour que dans sa vie quotidienne et dans son travail il ne soit pas tenté de succomber aux corrupteurs », prévient-il.

Le ministre Eric Bougouma s'est réjoui de la communication de l'ASCE-LC car elle a eu le mérite d'être faite en présence de la haute direction du ministère, à savoir le secrétaire général, le directeur de cabinet, les conseillers techniques chargés de missions, l'inspection des services, les directeurs généraux, les directeurs régionaux, provinciaux et coordonnateurs de projets.

« Si nous avons accepté d'introduire cette communication, c'est que cela en valait la peine », a souligné le ministre, invitant chacun à s'approprier le thème de cette communication.

Plus de: L'Observateur Paalga

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