Congo-Kinshasa: La répression des médias s'accélère dans la province de la Mongala

communiqué de presse

Reporters sans frontières (RSF) est vivement préoccupée par le harcèlement contre les médias d'une province au nord de la République Démocratique du Congo (RDC) et demande instamment aux plus hautes autorités de l'État d'intervenir afin que les médias puissent travailler librement et conformément aux promesses effectuées dans ce domaine.

La répression s'intensifie pour les professionnels de l'information dans la province de la Mongala, au nord-ouest de la RDC.

Dans une décision inédite rendue le 17 juin dernier et que s'est procuré RSF, les autorités provinciales ont ordonné la radiation de six journalistes à compter de cette date : Fabrice Ngani, Victor Mbonzo, Trésor Emeka et José Lingili de la Radio La Voix de Bumba, Olivier Péguy Yenga de la Radio Mongala et Benjamin Mondonga de la Radio Mwana Mboka.

Plusieurs autres journalistes ont été suspendus pour une durée d'un à trois mois, parmi lesquels : Albert Mohila de la Radio Mwana Mboka, Alain Bakenya de la Radio Mongala et Paulin Bolembe de la Radio rurale de Bumba.

Le même jour, les autorités ont également décrété la suppression jusqu'à nouvel ordre de plusieurs émissions à caractère politique, dans le but affiché de "ramener la paix sociale et durable dans la province de la Mongala en général et dans le territoire de Bumba en particulier".

Au total, pas moins de cinq radios privées et 13 journalistes sont concernés par la mesure, accusés d'avoir troublé l'ordre public ou de ne pas respecter l'éthique et la déontologie de la profession de journaliste selon les autorités locales.

Parmi eux, le journaliste et animateur de la radio La Voix de Bumba Fabrice Ngani, qui avait déjà été arrêté en mai dernier et incarcéré pendant neuf jours sur ordre du gouverneur.

Libéré au début du mois de 4 juin, il reste poursuivi pour "outrage à l'autorité provinciale" et "diffamation". Le gouverneur de la Mongala, Crispin Ngbundu, reste injoignable malgré les nombreux appels lancés par RSF depuis plusieurs semaines.

" Il n'y a aucune infraction caractérisée dans cette affaire, cette décision est purement politique et constitue le dernier épisode d'une répression lancée contre les médias depuis plusieurs semaines par le gouverneur de la Mongala, dénonce le bureau Afrique de RSF.

Il s'agit là de la plus grave série d'atteintes contre les médias et journalistes congolais pour laquelle la responsabilité des autorités politiques locales est directement engagée depuis l'élection du nouveau président l'année dernière.

Il y a une urgence à mettre fin à ce harcèlement contre les médias et les journalistes qui ne font qu'exercer leur travail, sans quoi les changements promis en faveur de la liberté de la presse ne pourront se faire".

Les Nations unies et plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse comme l'organisation locale Journalistes en Danger (JED), ont condamné la hausse des exactions commises contre les journalistes en RDC ces dernières semaines.

RSF et JED soutiennent par ailleurs l'instauration d'un mécanisme dédié à la protection et à la sécurité des journalistes, promis par le président de la République Félix Tshisekedi.

La RDC occupe la 150e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2020.

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