Tchad: Pas encore de messe présentielle pour les Catholiques du pays

Le gouvernement a décidé de rouvrir les lieux de culte le 25 juin, mais les Evêques catholiques du Tchad se montrent plus prudents et ont annoncé leur intention de ne pas ouvrir les Eglises avant la mi-juillet.

La décision de l'Eglise saluée par bon nombre de chrétiens tchadiens qui estiment que l'heure n'est pas au relâchement des mesures.

Selon les Evêques tchadiens, compte tenu de la complexité de la situation, le relâchement des différentes mesures prises pour lutter contre la Covid-19 doit se faire par étape et avec des précautions.

Les prélats entendent se concerter et observer la situation avant de décider de la reprise de la célébration eucharistique dans les lieux de culte au Tchad d'ici mi-juillet.

"La décision d'ouvrir les lieux de culte ne signifie pas que le virus est éradiqué. Les mesures barrières telles que le lavage des mains, le port du masque, la distanciation physique dans les lieux publics ne sont pas respectées par beaucoup de nos concitoyens. Pour cela, nous avons besoin de temps avant de rouvrir nos églises", a estimé Monseigneur Edmond Djitangar, le président de la conférence des Evêques du Tchad.

Avis partagé par l'opposition

La position du président de la conférence des Evêques du Tchad est partagée par l'opposant Succès Masra, un fervent catholique.

Succès Masra avait lui-même été testé positif, il y a un mois à la Covid-19, de même que son père et sa mère. Si sa mère et lui sont guéris de cette maladie, son père, en revanche, est décédé.

"Il y a des gens qui ont été contaminés mais qui ne sont pas comptabilisés officiellement. Certains sont guéris après contamination mais d'autres sont morts et enterrés sans que la comptabilisation officielle ne s'en rende compte. Donc, il ne faut pas assimiler cette relative maitrise du nombre de cas enregistrés officiellement à une éradication de la pandémie. Il vaut mieux être plus prudent et prendre une décision qui ne mette pas en danger des vies", a déclaré l'opposant tchadien.

Sosthène Mbernodji, bien que chrétien protestant, est du même avis : "je pense que la décision de l'église catholique est juste. Le gouvernement décide d'ouvrir très tôt les lieux de culte. On risque d'assister à une nouvelle explosion de contamination et ça va être difficile de gérer. On ne sait pas ce que les lendemains nous réservent donc on doit toujours faire le culte dans les maisons et s'assurer qu'il n'y a aucun nouveau cas de contamination. C'est à ce moment qu'on pourra ouvrir de nouveau les lieux où les gens sont en contact."

Outre l'Eglise catholique, les étudiants des différentes universités du Tchad n'entendent pas également reprendre les cours le 25 juin.

Ils exigent la désinfection des amphithéâtres ainsi que des bus et la mise à la disposition des universités de kits de lavage des mains.

Plus de: DW

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