Congo-Brazzaville: Eau potable - La Congolaise des eaux menace d'arrêter la fourniture d'eau sans préavis à Nkombo et Matari

D'après les factures des mois de mars à juin, de l'année en cours mises à la disposition de chaque abonné aux quartiers Nkombo et Matari dans le neuvième arrondissement Djiri, la société chargée de la distribution d'eau potable « La Congolaise des eaux » menace d'interrompre sans préavis la fourniture d'eau à ces abonnés.

Les factures font mention « qu'en cas de non règlement, la fourniture d'eau sera interrompue sans préavis. Pour rétablissement, il vous sera exigé, outre le montant de la consommation, une amende de dix mille francs CFA », précise la facture.

Toutefois, depuis plus d'une semaine en cette période de saison sèche, les habitants de Nkombo et Matari sont privés d'eau courante. Ils sont obligés de courir à des heures de la matinée aux forages réalisés par des particuliers. Chaque nuit, on assiste à des bousculades de brouettes, chariots, autour des points d'eau pour s'approvisionner.

La rareté de cette denrée inquiète la population qui est soumise au lavage des mains à tout moment en cette période de crise sanitaire afin de lutter contre la pandémie du Covid-19. Parmi les contraintes figure également le nettoyage des bavettes en tissu.

A cet effet, les dames aux foyers se sentent mal à l'aise pour leurs travaux quotidiens. L'impact de cette pénurie d'eau se fait sentir sur le plan économique où un bidon de 25 litres coûte cinquante ou cent cinquante francs, soit un total de deux cent francs CFA additionner aux frais de transports par les pousse-pousseurs.

Sur le plan sociale, les bidons alignés çà et là sur les avenues et rues empêchent la circulation des véhicules et passants. L'accès à l'eau potable impose aux usagers un rythme d'attente parfois source de dispute entre les clients.

Interrogée sur la question, Cornelie Biazo a reconnu avoir reçu la facture de la société alors qu'aucune goutte d'eau ne tombe de son robinet. Elle a, par ailleurs, qualifié ces robinets de simple échantillons d'ornement des parcelles. « Je ne peux pas concevoir qu'en cette période sensible du coronavirus la population se heurte encore entre elle pour se disputer l'eau aux points de vente. Nous sommes en train de traverser une période très délicate qui demande d'avoir de l'eau en permanence afin de mettre en pratique les mesures d'hygiène édictées par les autorités. Curieusement, la société qui est sensée nous approvisionner abandonne la population à son triste sort », a-t-elle dit.

Notons que cette pénurie d'eau ne s'observe pas qu'aux quartiers Nkombo et Matari. Elle est vécue par la population dans la plupart des quartiers de Brazzaville, notamment à la montée du quartier « La Ferme », à partir du pont de Mikalou jusqu'au lycée Thomas Sankara.

Au quartier Moukondo dans la zone d'intersection de la route Moukondo-Nkombo dans le septième arrondissement Mfilou, les habitants sont soumis à ce même calvaire au quotidien.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.