Cameroun: Ernest Obama, à la fois ange, démon et terroriste.

L'ancien Directeur de la chaine de télévision Vision 4 a été interpellé par une escouade de gendarmes dans les locaux de la chaine à Yaoundé. Conduit illico au Secrétariat d'Etat à la défense (SED), une unité de la gendarmerie Nationale. Une arrestation qui suscite des réactions les plus contrariées.

C'était une arrestation pour le moins rocambolesque. Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) est monté au créneau pour dénoncer « Les images humiliantes et dégradantes qui ont fait le tour des réseaux sociaux » Une semaine après, une question lancinante se pose : quel est le sort réservé au journaliste Ernest Obama ? Le décor a été planté par Vision 4, la télévision où il officiait comme Directeur General. Des accusations graves : abus de confiance, haute trahison, faux et usage de faux, trahison. La toile va s'embraser, au sujet de cet « ancien étudiant en philosophie de l'Université de Yaoundé arrivé par effraction dans le journalisme »

Avec pour apothéose le message de Maurice Kamto, candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et dont Ernest Obama était le principal pourfendeur. Pour Kamto « le mépris de la dignité est l'un des visages de l'Etat de non droit au Cameroun. Mr Obama comme tout citoyen Camerounais a droit à la présomption d'innocence, au respect de son image et de sa dignité. Que la justice Camerounaise serve le droit et non les puissances de l'ombre » Une attitude partagée par Kalara, un journal paraissant à Yaoundé qui, parle de Théâtralisation de la Justice :

« Comment Amougou Belinga et le procureur G. Meka ont comploté contre Ernest Obama ».

Interpellé sans plainte ni mandat dans le cadre d'un flagrant délit imaginaire et déféré lundi dernier au parquet, le journaliste renvoyé à la gendarmerie pour complément d'enquête.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer l'ire de certains journaux. Au rang desquels l'Anecdote, la version papier de son ancien employeur dans lequel il officiait comme Directeur des Rédactions au moment de son arrestation. Le journal a noté cette curiosité « Kamto vole au secours d'Obama ». Les protections, privilèges, avantages que lui procurait largement Jean Pierre Amougou Belinga, PDG du groupe L'Anecdote, n'ont pas suffi à l'ancien directeur de Vision 4, pourtant nourri, blanchi couvé comme un fils par son patron. Aujourd'hui, aux mains de la Justice depuis le 18 juin dernier, l'homme qui a pactisé avec un opposant au président centrafricain pour diriger sa campagne électorale, bénéficie de curieux soutiens qui s'invitent à sa défense alors qu'il doit répondre des détournements de fonds faramineux, d'abus de confiance, de trahison entre autres.

Le journal Info Matin penche pour le PDG du groupe pour plaider « Quand la victime Amougou Belinga devient le bourreau ». Le PDG du groupe l'Anecdote a adopté un enfant qui, finalement, a failli le tuer. Et curieusement, personne ne cherche à savoir, dans cette sordide histoire qui n'arrête plus de faire jaser, où est la vérité. La sentence est tout trouvée. Le promoteur de Vision Finances et de l'Issam, c'est lui le diable.

Finalement pour le tabloïd du consortium Anecdote, il s'agit d'un parricide. « Comment le fils a poignardé le père ». Après avoir bénéficié des largesses et des grâces de Jean Pierre Amougou Belinga, Ernest Obama a profité de la confiance aveugle placée en lui par son patron pour commettre un parricide dont l'écho retenti au-delà des frontières du Cameroun, non sans réussir à faire de la victime d'aujourd'hui le bourreau. L'homme d'affaires, serein, s'en remet entièrement à la Justice de son pays et poursuit son ascension vers de nouveaux horizons pour la prospérité du groupe L'Anecdote dont l'essor en Afrique et dans le monde fait pâlir de jalousie...

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