Afrique: Quand diplomatie et justice doivent travailler de concert - L'exemple de la détention de Meng Wanzhou au Canada

Alors que le dossier concernant Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, n'en finit pas d'attiser les tensions entre le Canada, la Chine et les États-Unis, un nouveau paramètre vient de s'insérer dans ce dossier brûlant.

Meng Wanzhou est en liberté surveillée à Vancouver depuis plusieurs semaines, le temps de sa procédure d'extradition. Face à cette situation incompréhensible, la police canadienne et les services frontaliers auraient commis un abus de procédure doublé d'une collusion avec le FBI lors de l'arrestation de Meng Wanzhou, d'après les avocats canadiens de cette dernière - de nombreuses personnalités canadiennes ont demandé au Premier ministre canadien, M. Justin Trudeau, de permettre à la numéro 2 de Huawei de rentrer en Chine et de ne pas poursuivre cette procédure.

Les arguments avancés par ces 19 personnalités de renom - d'anciens Ambassadeurs, des Ministres, des responsables politiques dans des institutions internationales et également des journalistes - sont que cette libération permettrait de donner au Canada une chance de « redéfinir son approche stratégique envers la Chine » et de se réapproprier tous les aspects de la relation Canada-Chine. En effet, la Chine s'est montrée très contrariée par cette crise diplomatique, qui s'apparente plus à une stratégie de déstabilisation américaine face à un groupe chinois, Huawei en l'occurrence, qu'à une véritable action sécuritaire. Huawei inquiète de manière toujours plus importante les États-Unis car le groupe remet sérieusement en question l'hégémonie commerciale et technologique des américains, grâce à une politique commerciale et technologique toujours plus soutenue et innovante.

Alors que l'Afrique et la Chine resserrent leurs liens économiques et politiques, et ce depuis plusieurs années déjà, il est une fois de plus troublant de comprendre comment les États-Unis utilisent toutes les voies politiques et judiciaires possibles pour décrédibiliser la Chine sur le plan international.

Ce que nous apprend ce nouvel épisode de tensions, c'est que les dommages collatéraux de cette guerre sont énormes. S'il s'agit ici du Canada, qui n'a aujourd'hui que des mauvaises solutions qui s'offrent à lui (se mettre à dos soit les États-Unis soit la Chine), cela pourrait aussi bien être un pays africain demain. Rappelons que les activités de Huawei en Afrique permettent d'accompagner l'émergence d'une classe moyenne dont les nouveaux besoins : consommation, infrastructure, entrepreneuriat et marché reposent de plus en plus sur le numérique. Nous devons refuser l'instrumentalisation de pays tiers aux seules fins d'une guerre commerciale entre sino-américaine.

L'appel des 19 personnalités canadiennes à venir utiliser la justice au service d'une diplomatie indépendante et souveraine pour le Canada est à ce titre le bienvenu.

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