Togo: Fin tragique d'un marin sur le lieu de travail au port autonome de Lomé

Le syndicat national des gens de mer professionnels du Togo (SGMPT) continue de donner l'alerte sur les conditions de travail des gens de mer qui sont malheureusement sans la moindre protection sociale suite au moindre accident, pire si mort s'en suit.

Si ces acteurs indiquent que plusieurs des leurs ont payé de leurs vies le métier qu'ils font avec passion, c'est Komlan ADONOUHOUÈ (communément connu sous le nom de Patrick) qui laissera aussi sa e le 05 mai 2020 dans un accident de travail.

Il s'en est allé dans la fleur de l'âge abandonnant derrière lui une veuve avec deux enfants de 5 ans et 3 ans.

"Après l'accident l'accident, j'ai reçu l'information et j'ai délégué certains membres du bureau exécutif de notre syndicat d'aller à bord du navire GOD'S LOVE pour un constat.

Après le constat, un rapport m'a été envoyé et le rapport dit qu'il y a des produits à bord du navire qui a causé l'explosion", relate très attristé Modeste AWOKOU, le secrétaire général du SGMPT.

Il regrette que les autorités togolaises auraient pu au moins les épargner de ce nouveau drame.

"Les inspecteurs de la Direction des affaires maritimes ont faillit à leurs mission qui est d'inspecter les navires. Et aussi ce navire est un épave, ce qui veut dire que ce navire ne répond pas à un état de navigabilité", souligne-t-il.

"Si le navire était vraiment inspecté ce produit devrait pas être à bord du navire. Alors que le navire dispose des documents de travail délivré par la Direction des affaires maritimes dans son état de non navigabilité", ajoute M. AWOKOU.

Selon le SGMPT, la situation est davantage alarmante au point qu'il faut une réaction autant prompte pour améliorer les choses.

Dans les doléances, on note que "plus de 90% des sociétés maritimes installés à Lomé refusent de faire des contrats de travail maritimes aux marins togolais ; ils sont payés à la main et ils travaillent sans aucune couverture sociale".

Au nombre de plus de 5000, les gens de mer réclament aussi une grille salariale conforme au standard du domaine.

"Les marins togolais n'ont pas de salaire fixe et sont payés à moins de 100.000f CFA. Alors que le Togo a ratifié la convention sur le travail maritime et devrait normalement utilisé la grille salariale de la convention", avance Modeste AWOKOU qui dénonce également "le refus des autorités compétentes de délivrer le livret professionnel maritime aux marins togolais".

Certainement que le gouvernement ne devra pas tarder à apporter une solution.

D'ailleurs, la ministre de tutelle, en marge de la journée mondiale des gens de mer de cette année, a rassuré que les réflexions sont en cours pour entre autres aller vers une convention collective et des mesures de protection sociale et d'assurance.

Plus de: Télégramme228

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.