Libye: L'inquiétude autour d'une éventuelle escalade régionale

Les secours interviennent sur le lieu d'une attaque perpétrée contre le ministère libyen des Affaires étrangères à Tripoli (archives).

En Libye, face à la situation explosive où chaque partie continue à renforcer ses positions autour de Syrte dans l'éventualité d'une bataille, les appels se multiplient pour un cessez-le-feu. Car une telle bataille pourrait mener à une escalade régionale.

Ce jeudi 25 juin, la France, l'Allemagne et l'Italie ont appelé dans un communiqué conjoint, toutes les parties libyennes « à cesser immédiatement et sans conditions les combats et à suspendre le renforcement en cours des moyens militaires à travers le pays ».

Mais sur le terrain, la situation se complique davantage devant le refus d'Ankara d'obtempérer et l'entêtement de ses alliés libyen au gouvernement d'entente nationale, pour prendre Syrte et Al Joufra. Une ligne rouge pour l'Égypte, qui multiplie les contacts pour éviter néanmoins un recours au choix militaire.

Dernier recours

Ce sont les développements des prochains jours sur le terrain qui vont dicter la nature d'une décision égyptienne et le timing d'une éventuelle intervention en Libye. Si le GNA, épaulé par la Turquie, attaque, l'Égypte interviendrait. Mais le choix militaire serait un dernier recours pour Le Caire.

Selon des proches de la présidence égyptienne l'intervention pourrait-être « progressive et limitée ». L'Egypte multiplie donc les contacts diplomatiques avec les Européens, surtout la France, mais aussi avec les Américains pour mettre la pression sur la Turquie.

Si le Caire se positionne aussi fermement, selon plusieurs observateurs c'est « dans le but de se défendre plus que pour faire la guerre ». C'est aussi pour dire aux Américains que « la pression de la Turquie n'est pas acceptable ».

Le Caire ne fait pas confiance au GNA, et craint que les milices et les éléments terroristes ne traversent sa longue frontière avec la Libye en s'approchant de l'est du pays.

C'est l'une des raisons pour laquelle elle défend Khalifa Haftar. Aujourd'hui l'Égypte considère que sa sécurité nationale est menacée. De son point de vue, elle agira en toute légalité en Libye pour défendre son territoire du terrorisme.

Gel « stratégique »

Le Caire espère que les pressions internationales conduiront à un gel « stratégique » du front en Libye qui prépare un retour à la table des négociations.

Hier, après les appels de Paris, de Rome et de Beriln c'était au tour de Washington d'appeler à mettre fin « aux ingérences étrangères, à un cessez le feu et à un retour aux discussions militaire et politique » en Libye.

Plus de: RFI

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