Afrique de l'Est: Une avancée minimale sur le barrage Renaissance

L'Éthiopie, le Soudan et l'Égypte ont tenu, vendredi 26 juin, un sommet virtuel sur le barrage de la Renaissance. Cette infrastructure géante, construite par Addis-Abeba sur les eaux du Nil, inquiète Khartoum et le Caire qui craignent une baisse de leurs ressources en eau.

Les présidents et Premiers ministres d'Égypte, du Soudan, d'Éthiopie, d'Afrique du Sud, du Kenya, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Mali se sont retrouvés par visioconférence et sont parvenus à arracher un engagement. Mais Addis-Abeba reste ferme sur ses positions.

Le remplissage du barrage ne commencera pas avant qu'un accord soit trouvé. C'est la principale conclusion de cette réunion d'urgence organisée par l'Union africaine qui s'est tenue vendredi.

Suite à cela, un comité composé d'experts légaux et techniques des trois pays concernés va se réunir pour tenter de trouver un compromis, d'ici deux semaines.

C'est une avancée minimale qui a ainsi été obtenue à la dernière minute, alors que les précédents pourparlers avaient bloqué sur les questions légales entourant le futur accord, toujours aussi hypothétique.

« L'Union africaine va mener ce processus », a réagi Moussa Faki Mahamat. Le président de la Commission de l'UA confirme ainsi la volonté du continent de garder la main, alors que le barrage sera au programme d'une réunion spéciale, lundi 29 juin, au Conseil de sécurité de l'ONU.

La présidence égyptienne s'est déclarée ouverte à un compromis, tout en exigeant « qu'aucune partie ne prenne de décision unilatérale sur le remplissage, sans accord préalable ». Mais peut-on parler de progrès ?

Ce matin en effet, le bureau du Premier ministre éthiopien a annoncé que le remplissage du réservoir débuterait d'ici deux semaines, période pendant laquelle la construction de l'infrastructure se poursuivra. L'annonce semble prendre à contre-pied ses voisins. Addis-Abeba garde donc une pression maximale et donne quinze jours pour conclure un accord final.

Toute la question est de savoir si le remplissage commencera en cas de nouvel échec des négociations.

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