Congo-Kinshasa: Hier, tout Congolais vivait paisiblement dans son village

Soixante ans après l'indépendance, les villages congolais sont menacés de disparition par manque d'habitants. Ceux qui tiennent encore le coup sont des vieux et des enfants. Les jeunes sont tous partis. Où ? Réponse : vivre en ville où les conditions de vie semblent propices, à la jeunesse car rêve de goûter à la vie moderne. Conséquence : l'exode rural a atteint des proportions inquiétantes. Ce qui amène de nouveaux défis à la longue liste de problèmes qui assaillent les autorités urbaines pour assurer le bien-être et la sécurité des leurs administrés.

La question à se poser est celle de savoir qu'est-ce qui explique cette tendance à émigrer vers la ville, même pour des personnes qui n'ont aucun profil pour rester en ville ?

La réponse à la question réside dans le manque criant des produits manufacturés dans les milieux ruraux. Alors que le minimum vital pourrait être obtenu sans parcourir de longues distances.

La « zaïrianisation » un mal absolu

Des observateurs notent que le problème d'exode rural ne se posait pas au Congo Belge parce que tout Congolais se sentait à l'aise là où il était et pouvait se procurer tout ce dont il avait besoin sans aller voir ailleurs.

Les magasins de vente des produits aussi alimentaires que manufacturés se trouvaient partout à travers le territoire national. Des commerçants, particulièrement des Portugais et des Grecs étaient installés dans tous les coins reculés, notamment les territoires, secteurs, villages ainsi que le long des routes traversant plusieurs contrées du pays. Ils se ravitaillaient de manière à éviter la rupture des stocks.

Leur expulsion due à la « zairianisation » avait provoqué la pénurie des produits essentiels dans les milieux ruraux. Rien n'était prévu par les dirigeants zaïrois de l'époque pour palier la carence ainsi créée. Voilà le début de la descente aux enfers du pays, laquelle a conduit à l'exode rural dont les conséquences ne sont ignorées de personne.

Entretemps, il y avait de petites usines de production, telles que des huileries et savonneries, qui fonctionnaient à plusieurs endroits à travers le pays.

Pas de problèmes d'évacuation

Il faut également rappeler qu'à l'époque, l'agriculture occupait une grande place parmi les secteurs générateurs des recettes. Le pays était même considéré comme un grenier agricole au niveau continental puisqu'il exportait une gamme variée des denrées alimentaires. Des champs étaient florissants sur l'ensemble du territoire national, et les voies d'évacuation pour amener la production vers les centres de consommation ne posaient aucun problème. Des cantonniers étaient partout pour entretenir les routes de desserte agricole. Ce qui fait que même des voitures pouvaient relier les grandes villes sans difficultés.

De même dans le domaine de la santé, il n'y avait pas de problèmes pour recevoir des soins. Bien que tenus par des assistants médicaux et infirmiers congolais, des dispensaires et centres de santé offraient aux Congolais des soins de qualité. Ils étaient régulièrement approvisionnés en médicaments essentiels. Il n'y avait pas d' «ordonnances» comme c'est le cas aujourd'hui. Dès qu'on se pointait dans un dispensaire ou centre de santé, les personnels soignants avaient juste besoin de l'identité du patient pour établir la fiche de traitement.

Voilà qui fait dire aux anciens, et avec raison, que le pays a reculé de plusieurs décennies en arrière.Dom

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