Ile Maurice: Ivan Leslie Collendavelloo - Pravind Jugnauth reste mon ami

interview

Le rapport de la BAD que vous a lu le Premier ministre cite plusieurs noms. Pourquoi, hier (NdlR : jeudi), avez-vous cité le nom de Paul Bérenger uniquement face à la presse ?

Effectivement le rapport que j'ai lu très rapidement mentionne Ivan Leslie Collendavelloo et Paul Raymond Bérenger. Le rapport cite aussi les noms de deux autres entités mauriciennes. Étant des 'personnes privées', je ne crois pas que je peux dévoiler leur identité sans l'autorisation du Premier ministre qui, par ailleurs, a lui-même préféré ne pas dévoiler les noms de ces personnes. Je présume que cette discrétion de notre part est surtout pour honorer la confidentialité sous laquelle un document pareil est communiqué.

En parlant de votre situation, le Premier ministre a utilisé hier les termes 'step down' et 'step aside'... y voyez-vous une nuance ?

Je pense que les puristes de la langue anglaise vont sûrement trouver une nuance. Quant à moi, que ce soit step aside ou step down, cela veut dire se mettre de côté, en attendant qu'une situation se rétablisse, pour ensuite se retrouver à la place d'origine. En ce qui me concerne, quel que soit le mot que l'on utilise, je ne suis plus Deputy Prime Minister ou ministre du gouvernement, je suis député de l'Alliance Morisien.

Dans quel état d'esprit êtes-vous cet après-midi alors que vous faites vos cartons dans votre bureau ?

Je m'apprête d'abord à dire au revoir à toutes mes équipes du ministère qui ont servi loyalement. J'ai en tête plusieurs occasions où ils n'ont eu aucune hésitation à m'accompagner même un dimanche pour boucler des questions parlementaires. Des hommes et des femmes tout à fait dévoués au service civil. Ensuite, je mets de l'ordre, comme vous le voyez, dans mes papiers. Je vais réunir, dans la semaine, mes amis du ML, rencontrer le chef juge, ainsi que les juges que je peux rencontrer, et rencontrer également les Chairpersons du Bar Council et de la Law Society. Car je m'apprête évidemment, dans les semaines qui suivent, revenir à la profession d'avocat. Parmi mes premières affaires, certainement, seront certaines pétitions électorales.

Est-ce un départ momentané de la politique ?

Précisons-le haut et fort : ce n'est pas un départ de la politique. Je ne quitte pas la politique. Je demeure le leader du ML. Je fais partie de l'Alliance Morisien. Je vais siéger dans les rangs de l'Alliance Morisien au Parlement. Lundi sera ma première réunion du groupe parlementaire en tant que député.

De numéro deux du gouvernement à «backbencher», cela requiert une préparation psychologique... .

... je suis dans le même esprit. C'est-à-dire : être toujours au front pour le combat. Il y a un travail qui doit continuer au sein du gouvernement. Les défis sont multiples. La Covid-19. La liste noire de l'Union européenne. Et évidemment le rapport de la Banque africaine de développement et l'enquête de l'ICAC.

Comment préparez-vous votre comparution ?

Je vais certainement être guidé par des conseils légaux -- que j'ai déjà approchés. Je réunis autant de pièces du dossier que je peux, car il faudra que je contribue à l'enquête de l'ICAC par la connaissance des faits tel que je les ai.

Êtes-vous confiant de revenir au sein du gouvernement ?

Il n'y a pas d'état d'âme sur une question pareille. L'avenir nous le dira. Être dans le gouvernement n'est pas une fin en soi.

Qu'adviendra-t-il du vice-président de la République ?

La question ne se pose pas. Le vice-président qui était le SG du ML ne l'est plus. Il est en poste.

Pravind Jugnauth a été courtois visà-vis de vous. Et vous de même... Mais il avait l'air inquiet de savoir ce que vous avez dit lors de votre conférence de presse qui a précédé la sienne...

C'est tout à fait normal qu'il veuille savoir ce que j'ai dit. Je l'avais informé de la tenue de la conférence de presse. Je lui avais dit, dans une petite phrase, l'essentiel de mon discours. Je n'ai aucune raison à confronter Pravind Jugnauth. Et lui non plus. Nous sommes des partenaires. Nous demeurons des partenaires. Mais en plus nous sommes des amis, de longue date. Au barreau et en politique...

... et vous restez amis ? Il n'y a pas d'aigreur entre vous ?

J'ai souvent été à ses côtés surtout dans des moments difficiles. Dans ce genre d'amitié, il n'y a pas de place pour de l'aigreur. Les différends même fondamentaux, ont existé et peuvent exister. Cela n'entrave aucunement les relations personnelles qui peuvent exister.

Quel genre de «backbencher» sera Ivan Collendavelloo ?

Dans un premier temps, ayant siégé au conseil des ministres jusqu'à tout récemment, il serait malvenu de poser des questions parlementaires, je m'abstiendrai de le faire dans un premier temps. Je participerai au débat. Je soutiendrai l'action gouvernementale. S'il y a des points de désaccord, je les soulèverai en privé, avec les ministres concernés.

Avez-vous le sentiment, aujourd'hui, d'être lâché...

Non, je suis touché par les marques de soutien que j'ai reçues d'abord de mon entourage de la circonscription, des fonctionnaires, évidemment de tous mes amis. Cette solidarité me touche beaucoup. Elle est même assez émouvante, car je ne m'y attendais pas. Normalement dans les moments où je suis le plus bas, on est esseulé. J'ai la chance d'être soutenu cette fois-ci. Pour retourner au barreau, il y a des amis qui ont tout préparé pour moi... .Le retour au barreau sera évidemment mon point de contact personnel avec la politique, car les deux ne sont jamais très loin.

Vous avez été applaudi par des membres du gouvernement au Parlement en donnant vos explications sur le St-Louis Gate. Puis vous avez été révoqué. Que s'est-il passé entre ?

Les applaudissements doivent être analysés uniquement à la lueur de la teneur du discours. Par ailleurs, il est de bonne coutume que les orateurs d'un côté de la chambre soient applaudis de leur côté et vice-versa. Il y a des occasions, par exemple, après le discours du jeune David, où les deux côtés ont applaudi... mais cela ne va jamais plus loin que cela.

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