Madagascar: De nombreux prisonniers libérés à la faveur d'une grâce présidentielle

À l'occasion de la célébration du 60ème anniversaire de l'Indépendance de la Grande Île vendredi 26 juin, le président de Madagascar a accordé la grâce sous conditions à de nombreux détenus du pays.

Dès samedi soir 27 juin, plusieurs centaines de prisonniers ont été libérées sur tout le territoire. « Des remises gracieuses de peines sont accordées aux personnes condamnées à des peines privatives en cours d'exécution » annonce l'article 1 du décret présidentiel 2020-624.

Sous certaines conditions, bien sûr, comme l'explique Tovonjanahary Ranaivo Andriamaroahina, le directeur général de l'Administration pénitentiaire.

« Par exemple, s'il y a des détenus âgés de plus de 60 ans pour les hommes ou plus de 55 ans pour les femmes et qui ont déjà purgé une peine de plus de dix ans, ils seront libérés immédiatement. Même les détenus condamnés à perpétuité [qui entrent dans ces critères-là] bénéficient de cette grâce-là. »

De même, tous les prisonniers condamnés pour un délit dont la peine restante est inférieure à trois mois ainsi que les mineurs ayant purgé au moins la moitié de leur peine doivent être libérés.

Bouffée d'air aussi pour l'administration pénitentiaire

En revanche, sont exclus de cette grâce les détenus condamnés pour détournement de deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux, assassinat, attentat aux mœurs, atteinte aux ressources naturelles, ou encore ceux condamnés pour récidive.

Joint par téléphone hier, le chef d'établissement carcéral de Tamatave a annoncé que 89 des 1200 détenus seraient libérés dans la soirée. « D'autres libérations auront lieu ces prochains jours mais l'étude des dossiers prend du temps.

Tout est encore sur papier » confie-t-il. « On vit dans la surpopulation carcérale depuis longtemps. Ça va nous soulager au niveau de la gestion de l'établissement » conclut-il.

Les détenus en préventive non concernés

La nouvelle a également été bien accueillie par les ONG qui travaillent aux côtés des prisonniers. « Mais c'est loin d'être suffisant » précise l'une d'elles.

Le décret étant limité aux seuls condamnés, il exclut de fait les personnes en détention préventive, c'est-à-dire en attente de procès qui représentent plus de 50% des 28 000 prisonniers de l'île. Pour rappel, seuls 25% des mineurs emprisonnés ont été condamnés.

« Grandir Dignement », une association qui œuvre auprès des mineurs incarcérés, exprime de son côté quelques craintes concernant la manière dont pourraient être libérés les jeunes. De nuit, sans argent, sans que les familles n'aient été averties.

Et sans possibilité, dans certaines régions, de pouvoir regagner leur lieu d'habitation du fait de la suspension des transports en commun en cette période de pandémie.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.