Somalie: Le pays ne pourra pas organiser ses élections au suffrage universel dans le temps imparti

Un report des élections en Somalie est inévitable pour garantir un vote « libre et crédible » dans les délais. C'est ce qu'a annoncé, samedi 27 juin, la présidente de la Commission électorale (Céni) devant les parlementaires.

Depuis plusieurs années, le pays souhaite organiser ses scrutins, selon le principe une personne, un vote, pour mettre fin à un système électoral tribal, basé sur l'équilibre entre les clans, dont beaucoup dénoncent le côté archaïque et injuste.

Le suffrage universel devait être appliqué pour le scrutin parlementaire de la fin d'année et la présidentielle début 2021, mais la présidente de la Commission explique que les délais ne sont pas tenables.

La Somalie n'a pas pratiqué le suffrage universel depuis 1969, et le pays devra encore donc attendre avant son retour. Halima Ismaël a expliqué que la commission ne pouvait pas garantir un vote « libre et crédible » dans les délais.

Selon la présidente de la Céni, plus d'une dizaine d'étapes, en effet, sont encore nécessaires, que ce soit acheter un système d'enregistrement biométrique des électeurs, les recenser, distribuer les cartes ou encore lister les partis et les candidats.

D'après Halima Ismaël, si ce qui est souhaité est un suffrage universel avec biométrie, il faudra attendre août 2021. Un scrutin identique, mais avec vote manuel seulement serait toutefois possible en mars.

À cela s'ajoute l'impossibilité de tenir une élection sur une partie du territoire contrôlée par les islamistes shebabs, ainsi que les problèmes de la loi électorale historique votée en février et dont le texte est encore à améliorer.

Au final, le décalage entraînerait, de fait, une prolongation du mandat de l'administration actuelle et du président Farmajo.

Selon l'organisation somalienne Heritage Institute, ce maintien du régime « risque d'éroder la démocratie, d'affaiblir la légitimité du pouvoir, d'entraîner des violences, voire même de désintégrer le pays ». L'organisation recommande un compromis entre les partis, afin de trouver un modèle temporaire.

Les débats à venir s'annoncent houleux sur le sujet.

Plus de: RFI

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