Afrique de l'Est: Remplissage du barrage sur le Nil - Tension avant le sommet de l'ONU

C'est une réunion cruciale qui se tiendra, lundi 29 juin, au Conseil de sécurité de l'ONU avec, sur la table, l'épineux dossier du barrage de la Renaissance, construit sur le Nil par l'Ethiopie. L'Egypte et le Soudan craignent pour leurs ressources en eau. Le début du remplissage du réservoir est source des tensions actuelles.

Soudanais et Egyptiens ont affirmé, au soir du vendredi 26 juin, que le remplissage du barrage ne commencerait pas sans un accord signé. Le lendemain, les Ethiopiens ont pris tout le monde de court en annonçant qu'ils commenceraient à remplir dans les deux semaines.

Ainsi, le communiqué éthiopien a semé la confusion. Addis-Abeba a annoncé un début de remplissage d'ici deux semaines, sous-entendu, il débutera d'un moment à l'autre, alors que le Conseil de sécurité va se réunir et qu'un comité d'experts a quinze jours pour jeter les bases d'un nouvel accord.

Pour les Éthiopiens, c'est donc tout en même temps. « La situation est déroutante mais ça n'empêche pas les négociations de reprendre et de se concentrer sur les problèmes en suspens », explique William Davison, de l'International Crisis Group.

Des obstacles, en effet, il en reste. Si un accord est signé, quel sera son statut légal ? Quelle procédure, en cas de litige, une fois le barrage mis en service ? Ou encore quel débit de l'eau durant les sécheresses ?

Vu la sensibilité de ces questions, « trouver un compromis si vite semble peu probable », estime Lauren Blanchard. La chercheuse pense toutefois que l'Union africaine (UA) qui reprend la main sur les négociations, a une carte à jouer. En effet, Addis-Abeba voit l'UA comme un interlocuteur plus neutre que les Américains, jugés trop favorables au Caire.

Ensuite, les Ethiopiens sont-ils prêts à remplir coûte que coûte ? « Une guerre est peu probable », estime William Davison mais selon lui, le danger surviendrait si « une erreur de calcul est commise. L'Egypte pense que l'Ethiopie bluffe et ne remplira pas tout de suite. L'Ethiopie pense que les menaces égyptiennes ne sont pas sérieuses. Le danger est là », analyse le chercheur.

Plus de: RFI

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