Congo-Kinshasa: Le procès de la clameur publique

Clap de la fin. Le surmédiatisé procès pour « détournement et corruption » qui a opposé la République à MM. V. Kamerhe et S. Jammal a connu son épilogue. Le simple fait qu'il se soit tenu est à mettre au crédit de la clameur publique. Car, sans la colère hurlée par le peuple de Kinshasa contre le retard du Programme des 100 jours, le chantier des "Maisons préfabriquées" ne serait jamais révélé et les «Intouchables» jamais inquiétés.

Pour une fois dans l'histoire de la République, l'omertade la classe politique a volé en éclats, fragilisant ainsi la solidarité des prédateurs en col blanc. À bien considérer les faits, à qui devrait revenir le mérite d'un procès qui a passionné des dizaines de millions de Congolais, tant au pays qu'à l'étranger ?

Ce n'est ni au seul président de la République, bien qu'il ait solennellement juré de lutter contre la corruption et l'impunité. Ce n'est ni aux seuls juges qui, face à ce premier test grandeur nature, avaient la lourde responsabilité de réhabiliter la magistrature en rendant aux prévenus une justice équitable. C'est plutôt au peuple de la capitale, porte-parole des compatriotes des provinces, qui a porté haut la contestation et forcé l'autorité politique à réagir conséquemment. Une première !

Pour peu que l'on ait assisté, sans a priori, aux cinq audiences foraines, suivi la confrontation avec des témoins et apprécié les plaidoiries des avocats, le verdict prononcé n'a globalement pas été une surprise. Ce qui l'est moins, c'est de découvrir que le procès a pour origine la clameur publique née des frustrations des Kinois, mécontents de l'arrêt des chantiers d'infrastructuresliés au Programme des 100 jours.

Pédagogique, le procès du 20 juin invite l'Homme politique à éviter la clameur publique et, en conséquence, à gérer avec patriotisme tout Bien commun placé sous sa responsabilité.

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