Afrique: Perspectives économiques - Le FMI annonce une contraction de 4,9 % du PIB en 2020

29 Juin 2020

Le Pib mondial devrait se contracter de 4,9 % en 2020, soit 1,9 % de plus que prévu dans les Perspectives économiques mondiales de juin de cette année. En 2021, la croissance devrait se raffermir pour atteindre 5,4 %.

La pandémie de Covid-19 a un impact négatif plus important que prévu sur l'activité́ au cours du premier semestre 2020. Selon les projections du Fmi, le Pib mondial devrait se contracter de 4,9 % en 2020, c'est-à-dire 1,9 % de plus que ce qui était annoncé dans les Perspectives de l'économie mondiale.

La croissance de la consommation a été révisée à la baisse dans la plupart des pays, en raison de perturbations plus graves que prévu de l'activité économique.

Cette baisse de la consommation résulte de la conjonction d'un choc de grande ampleur sur la demande globale, provoqué par la distanciation physique et les mesures de confinement, et d'une augmentation de l'épargne de précaution. Le Fmi note que l'investissement devrait être atone car en période de forte incertitude, les entreprises remettent à plus tard leurs dépenses en capital.

Dans le groupe des pays avancés, le Pib devrait se contracter de 8,0 % en 2020, soit 1,9 % de plus que ce qui avait été envisagé.

De profonds ralentissements simultanés sont prévus aux États-Unis (-8 %), au Japon (-5,8 %), au Royaume-Uni (-10,2 %), en Allemagne (-7,8 %), en France (-12,5 %), en Italie et en Espagne (-12,8 %).

Le groupe des pays émergents et des pays en développement, pris dans son ensemble, devrait connaître une contraction de son Pib de 3 % en 2020, soit de 2 % de plus que prévu dans les dans les Perspectives de l'économie mondiale d'avril 2020.

S'agissant du Pib des pays en développement à faible revenu, il devrait se contracter de 1,0 % en 2020, soit un résultat inférieur de 1,4 point de pourcentage aux prévisions mais avec des différences entre pays. En définitive, note le Fmi, pour la première fois, toutes les régions devraient voir leur économie se contracter en 2020.

Persistance des incertitudes

Comme dans les Perspectives de l'économie mondiale d'avril 2020, une forte incertitude entoure les prévisions de juin qui dépendent de la gravité de la contraction de l'activité au deuxième trimestre 2020 (les données complètes ne sont pas encore disponibles) ainsi que de l'ampleur et de la persistance du choc.

Ces éléments, à leur tour, dépendent de plusieurs facteurs incertains, selon le Fmi. Il s'agit de la durée de la pandémie et des mesures de confinement nécessaires, de la distanciation physique volontaire, de la capacité des travailleurs touchés à retrouver de l'emploi, quitte à changer de secteur d'activité et des séquelles des fermetures d'entreprises et des sorties des chômeurs de la population active.

S'y ajoutent les nouvelles mesures sanitaires sur le lieu de travail, qui entraînent des coûts pour les entreprises, le réagencement des chaînes d'approvisionnement mondiales et ses effets sur la productivité et l'ampleur des répercussions internationales de la baisse de la demande extérieure et des déficits de financement.

L'urgence d'agir

Face à la propagation de la Covid-19, le Fmi invite les Etats prendre des mesures urgentes pour contenir les effets et préparer la reprise économique.

« Pour que les économies soient préparées à résister à de nouveaux chocs, les dirigeants doivent envisager de renforcer les mécanismes qui permettent d'apporter un soutien automatique, opportun et temporaire pendant un ralentissement économique », préconise le Fmi.

D'après le Fonds, l'adoption de mesures de relance budgétaire fondées sur des règles face à une détérioration de la situation macroéconomique peut s'avérer très efficace pour atténuer une récession. Il donne l'exemple des transferts monétaires ciblés et temporaires en faveur des ménages à faible revenu en manque de liquidités.

Les pouvoirs publics sont également invités à augmenter les subventions à l'embauche et les dépenses de formation professionnelle pour faciliter la réaffectation de la main-d'œuvre vers des activités de plus en plus demandées.

Le Fmi appelle à s'attaquer au surendettement qui passe par la mise en place de mécanismes permettant de restructurer et de prendre en charge les endettements excessifs.

Plus de: Le Soleil

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