Congo-Kinshasa: Des cadres et agents de la BIAC interdits d'accès à leurs comptes salaires

Après la nomination du comité de gestion provisoire (CAP) par la Banque centrale du Congo (BCC) à la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC), cette banque commerciale peine à redécoller. Le repreneur devient de plus en plus difficile à trouver. Du coup, des dénonciations ne font que se multiplier.

Depuis plusieurs jours, les agents et cadres de la Banque internationale pour l'Afrique au Congo (BIAC) sont interdits d'accès à leurs comptes salaires. Quelques agents approchés imputent cette situation à la gestion qu'ils qualifient de scandaleuse du Comité d'administration provisoire (CAP) de cette banque commerciale qui, depuis 2016, est à la recherche d'un repreneur.

Constant Mwepu, nommé par la Banque centrale du Congo (BCC) en tant que tutelle, est ainsi pointé du doigt. « L'administrateur a décidé de manière unilatérale, sans consulter la délégation syndicale, de priver l'accès aux agents à leurs comptes bancaires salaires. Ceci est inacceptable », s'est révolté un agent qui a requis l'anonymat.

Selon lui, il s'agit d'une mesure impopulaire, perçue comme une « violation flagrante du droit le plus élémentaire reconnu à chaque agent », celui de pouvoir accéder à son compte sans entrave, surtout quand on sait qu'au sein de cette banque en faillite ou presque, des agents accumulent plus de 10 mois d'arriérés de salaires.

Une source proche du Comité d'administration provisoire a soutenu au magazine économique zoomeco.net, que « le blocage des comptes des agents de la BIAC ne peut nullement se faire, pour aucune raison que ce soit, tant qu'il s'agit des comptes bancaires comme ceux d'autres clients de la banque ». Une action judiciaire collective est ainsi en train d'être préparée à ce sujet contre le Comité d'administration provisoire, accusé d'être en mission commando-suicide à la BIAC.

Pour ce faire, un mémorandum serait en cours d'élaboration à l'attention du président de la République en sa qualité de garant de la paix et de la concorde, pour « dénoncer tous les cas de mégestion, de clientélisme et de bradage du patrimoine immobilier de la BIAC. Des agents comptent également saisir le procureur général de la République, pour faire la lumière sur le bilan du Comité d'administration provisoire nommé par la BCC au sein de la BIAC.

Le Comité d'administration provisoire dirige la BIAC depuis le 30 mai 2016, avec comme mission principale de redresser cette banque commerciale aujourd'hui en difficulté et dont la BCC peine à retrouver un repreneur. En novembre 2016, la BIAC, contrôlée par le groupe ElwynBlattner, a annoncé dans un communiqué, sa liquidation volontaire. Décision prise en Assemblée générale extraordinaire du 4 novembre 2016.

La banque avait été placée sous administration provisoire, en raison d'une grave crise de liquidité dont les causes demeurent entre autres la sous-capitalisation chronique. Quelques semaines plus tôt, le 11 octobre, une précédente AGE avait demandé la mise en place de plusieurs éléments permettant d'assurer la continuité de l'activité bancaire et la participation plus active de l'actionnaire majoritaire, le groupe d'ElwynBlattner.

Olivier Kaforo

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