Sénégal: Casamance - COVID-19 et hivernage font peur, le maire de Kaour alerte !

La récurrence des échanges de tirs entre les Forces Armées sénégalaises et les combattants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), a ouvert à nouveau le chemin de l'exil à plusieurs chefs de carrés ainsi qu'à leurs progénitures.

C'est le cas pour les populations de Singhère qui ont rejoint le chef-lieu de leur commune de Kaour. Mais, la prise en charge de ces réfugiés en cette période d'hivernage et de prévalence de la Covid-19 inquiète le 2e adjoint au maire de Kaour qui lance un appel à la solidarité et au soutien de l'Etat. Youba Sonko appelle aussi à un dialogue franc et sincère entre l'Etat et le MFDC pour mettre fin à ce conflit trentenaire.

C'est le dimanche 14 juin dernier que les populations de Singhère Diola, environ une dizaine de chefs de carrés et leurs progénitures avaient décidé de retourner à leur foyer d'origine, vingt-huit (28) ans après y avoir été chassés par les éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).

Ce retour, comme toutes les précédentes tentatives, n'a pas abouti. Les combattants du MFDC les ont contraints à nouveau à l'exil.

Econduites, comme des malpropres sur la terre de leurs anciens, ces populations ont battu une retraite sous la menace des éléments armés, avait témoigné Djibril Badji, le chef de village de Singhère Diola, pour trouver refuge à Kaour, le chef-lieu de leur commune rurale.

Là-bas, ils ont été accueillis à la salle de délibération, avant d'être envoyés dans des abris provisoires. «Nous avons effectivement reçu les déplacés de Singhère Diola dans notre salle de délibération, dans un premier temps.

Etant entendu que c'était à titre provisoire et au regard de l'exiguïté de cette salle pour recevoir tout ce beau monde, le maire Ndiaye m'a instruit de leur aménager des abris provisoires, en rapport avec la communauté de Kaour. Ce qui fut fait» a déclaré Youba Sonko, le deuxième (2e) adjoint au maire.

COVID-19 ET HIVERNAGE : RISQUES DE REAPPARITION DE MALADIES !

Le contexte de prévalence de la Covid-19, exacerbé par l'hivernage déjà battant dans le Sud du pays avec son cortège de problèmes de salubrité et de précarité, le maire Sonko ne s'en porte qu'engourdi par cette situation. «La saison des pluies s'est déjà installée dans cette partie sud du pays et avec la situation du coronavirus, nous sommes vraiment inquiets.

On redoute l'apparition des maladies surtout chez les femmes et les enfants». En conséquence, le deuxième adjoint au maire de Kaour appelle à la solidarité et à l'accompagnement de l'Etat du Sénégal. «J'en appelle à l'aide de l'Etat du Sénégal car c'est une situation assez difficile et complexe.

Vous imaginez ces chefs de famille et leurs progénitures dans des abris provisoires, en cette période de vents et de pluies avec des risques de Covid-19.

J'ai vraiment peur. Nous lançons également l'appel aux organisations non-gouvernementales et autres bonnes volontés à nous venir en aide pour éviter le pire. Car, outre le besoin alimentaire, ces populations ont besoin de vêtements et d'un minimum de décence sociale», a fait observer Youba Sonko.

IMPERATIF DU DIALOGUE ETAT-MFDC POUR PREVENIR LA RECHUTE

S'agissant du dialogue entre l'Etat du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance, jusqu'ici dans l'impasse, Youba Sonko invite les deux parties à la relance de la machine (du dialogue).

«Il est vraiment grand temps que les deux parties, Etat et MFDC, se retrouvent autour d'une table de négociations franches et sincères afin de mettre un terme à ce conflit qui dure et perdure depuis plus de trente (30) ans.

Ces populations de Singhère, tout comme celles des autres localités abandonnées, souffrent et ont mal. Il est temps de retrouver une paix définitive et repenser un nouveau schéma de développement de la Casamance», a dit M. Sonko, les larmes dans la voix.

A rappeler que, jusqu'en fin de semaine dernière, des échanges de tirs entre Armée et combattants du MFDC étaient perceptibles dans les forêts de Singhère Diola et de Bissine Diola.

Cette zone, située dans la façade ouest du département de Goudomp (Sédhiou) et sur la partie Est de Adéane (région de Ziguinchor), est à nouveau infectée de mines de tous genres.

Ce qui, naturellement, pollue les terres de toute propension de culture encore moins d'élevage. A moins terme, la précarité sociale prendra possession du vécu quotidien des populations, le banditisme impulsé par le réflexe de survie va s'installer. Attention, la rechute sera dramatique !

Plus de: Sud Quotidien

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