Sénégal: Sara Oualy, président fédération sénégalaise d'athlétisme - «Il appartient à l'état de sauver la discipline»

Invité du forum de l'Association nationale de la presse sportive (ANPS), le président de la Fédération sénégalaise d'athlétisme (FSA), Sara Oualy a brossé un tableau pas très reluisant de la première discipline olympique.

Une discipline qui, selon lui, «est dans le creux de la vague». Tirant un bilan «satisfaisant» de ses deux années à la tête de la Fsa, le colonel de la Douane, fait le point sur les chantiers et les problèmes et les défis pour la relance de la discipline.

«L'ATHLÉTISME EST DANS LE CREUX DE LA VAGUE»

«Actuellement l'athlétisme est dans le creux de la vague. Pour qu'elle revienne au niveau africain, on a un début de solution.

Il y a un groupe d'athlètes qui avait représenté le Sénégal dans les compétitions de la région 2. Ils bénéficient d'un entrainement adéquat. Ce qui leur manque c'est un suivi réel et un appui matériel pour vraiment performer.

«NOUS AVONS DÉPASSÉ LE STADE DE DÉTECTION»

«Nous avons dépassé le stade de détection. Notre souci est maintenant de les maintenir au sein de la famille. Car, il y a beaucoup de talents qui ne sont pas suivis et qui s'en aillent au bout d'un ou deux ans. C'est parce qu'ils ne disposent pas d'un suivi adéquat.

«ON ATTEND DE L'ETAT, UNE AIDE BEAUCOUP PLUS CONSISTANTE»

L'athlétisme n'est pas comme le football ou le basketball qui peuvent vendre leur produit sur le marché. L'athlétisme partout dans le monde est soutenu par les pouvoirs publics. La discipline ne produit pas des retombées économiques mais peut procurer à l'Etat une certaine représentativité sur le plan international.

Donc il appartient à l'Etat de soutenir certaines disciplines comme l'athlétisme. Il y a dix ans, on disposait ce que l'on appelle les fonds de relance d'un montant de 120 millions. Maintenant ces fonds ont disparu.

Actuellement l'Etat a érigé des stades un peu partout dans le Sénégal sans équipements. Ces stades sont partagés entre le football, l'athlétisme et les autres disciplines. Ce que l'on attend de l'Etat, c'est une aide beaucoup plus consistante. Depuis 2018, l'athlétisme n'a reçu aucune subvention de l'Etat. Vous comprenez que c'est grave !

Ce que l'on attend de l'Etat est d'octroyer des bourses de formations à nos athlètes, équiper les stades régionaux et d'essayer d'octroyer des indemnités aux entraineurs. Les entraîneurs d'athlétisme ne sont pas payés. A part des entraineurs qui sont professeurs d'éducation physique. Aucun club ne paie ses entraîneurs.

Ces entraineurs sont dans le bénévolat et cela pose problèmes. Nous avons des problèmes d'ordres matériels et humains.

J'avais un programme bien ficelé et une partie de ce programme était déposé au niveau du Cnoss et du ministère des Sports pour pouvoir relancer la discipline. Mais il faut des moyens humains, financiers et matériels.

Tous les pays qui se respectent, dégagent beaucoup de moyens pour aider l'athlétisme. C'est une discipline qui ne génère pas de fonds. Il appartient à l'Etat de sauver la discipline.

Seule l'athlétisme, par rapport aux championnats du monde, aux JO parvient à mobiliser plus de 200 drapeaux.

Ce que l'on a pu faire c'est de proposer au ministère un plan de développement à dérouler surtout en direction des JOJ. Maintenant, on a d'autres partenaires privés. Eiffage à travers le marathon de Dakar nous aide. Il y a aussi l'IAAF.

«ON EST EN AVANCE SUR LE DOMAINE DE LA FORMATION»

On est en avance sur le domaine de la formation. Sur ce qui est d'équiper les stades régionaux, ça pose problème. Ce que l'on peut c'est d'équiper les ligues régionales de petits matériels. On n'a donné pas de matériels.

Pour ce qui du matériel lourd, la Fédération n'a pas les moyens de doter les stades. Les haies, le chrono électrique coûtent chers. On s'est débrouillés pour avoir le seul chrono électrique pour l'ensemble du Sénégal.

Pour le sport à l'école aussi, on a essayé de convaincre les autorités afin de redynamiser le sport à l'école. Actuellement, l'UASSU a commencé à émerger. N'eût été la pandémie du Coronavirus on aurait assisté aux finales organisées par l'UASSU

Pour la réfection du tartan, je suis allé jusqu'en Espagne, j'ai eu des partenaires techniques qui sont venus jusqu' à Dakar. Ils ont visité le tartan, identifié les problèmes et ils m'ont fait un devis que j'ai transmis aux autorités.

La réfection, c'est 400 à 500 millions de FCFA. Nous n'avons pas ces moyens là. Ce que je veux, c'est d'attirer l'attention des autorités.

Le tartan sera réfectionné dans le cadre de la préparation des JOJ 2022. Les disciplines qui ne sont alléchantes et productives sur le plan financier n'ont pas beaucoup d'adeptes. L'athlétisme est une discipline très complexe. In fine, il y a que deux ou trois champions qui émergent.

JOJ 2022 : «ON A REPÉRÉ LES ATHLÉTES QUI DOIVENT REPRÉSENTER LE SÉNÉGAL»

«En direction des JOJ on a repéré les athlètes qui doivent représenter le Sénégal. Il appartient aux pouvoirs publics de nous donner les moyens de les interner et qu'ils s'entraînent. Il ne faut se voiler la face.

Ce que l'on peut faire c'est d'essayer de les regrouper une fois ou deux fois dans l'année ; durant les vacances, les amener à Dakar et de les mettre dans des conditions d'entraînement, c'est ce qu'on a essayé de faire.

Le programme est déposé sur la table du ministre des sports et CNOSS mais pour le moment rien n'est fait.

Pour le meeting de Dakar, on avait un partenaire de premier plan en l'occurrence la mairie de Dakar. Depuis 2012, avec le nouveau politique de la décentralisation, la mairie est confrontée à des problèmes. Néanmoins, on essaie de réfléchir pour le ramener.

«L'INEXISTENCE D'UNE PISTE D'ATHLÉTISME A DIAMNIADIO SERAIT DANGEREUSE»

On ne peut pas faire d'athlétisme sans tartan, sans piste. Au début, il n'était pas prévu la construction d'une piste d'athlétisme dans ce stade. Avec l'appui des uns et des autres, on a pu convaincre les autorités à ériger quelques choses pour l'athlétisme au niveau de Diamniadio.

Maintenant, c'est un stadium de 5000 places. L'inexistence d'une piste d'athlétisme à Diamniadio serait dangereuse. On a su tirer les ficelles pour l'avoir. Un stade de 5000 places, ce n'est pas mal. Il y a le stade Iba Mar qui sera entièrement réfectionné tout comme le stade Léopold Senghor. On a pas d'inquiétudes»

PROCÉS LAMINE DIACK «CETTE AFFAIRE DÉPASSE LE CADRE DE LA FSA »

Ce qui est du procès, la Fédération a essayé de le soutenir à travers le collectif et lui apporter un soutien moral. Cette affaire dépasse le cadre de la FSA. C'est une affaire internationale très médiatisée. Nous n'avons pas les moyens relationnels, diplomatiques pour le soutenir.

BILAN A LA TETE DE LA FSA «SATISFAISANT A MI PARCOURS»

C'est un bilan satisfaisant à mi-parcours. Sur le plan de la formation, on a affecté pas mal de séances. Sur le plan matériel, on a pu se procurer d'un chrono électrique.

On a pu équiper les stades en petits matériels, on a organisé des compétitions, équipé le siége de la Fédération sénégalaise en bureautique pour un bureau respectable.

Tout le monde est réuni autour de l'essentiel. Avec mon grand frère El Hadji Amadou Dia Ba, on travaille la main dans la main. D'ailleurs, une partie de notre élite s'entraîne dans son centre. Les dissensions appartiennent au passé.

Plus de: Sud Quotidien

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