Gabon: La loi sur la dépénalisation de l'homosexualité divise

Drapeau LGBTQ

Le Sénat a voté le texte lundi (29.06.20) après le parlement. Si elle ravit certaines associations, la loi a ses détracteurs y compris parmi les élus.

Après les députés il y a six jours, c'est au tour des sénateurs de se prononcer sur l'adoption de la loi dépénalisant l'homosexualité. Lundi (29.06.20), 59 sénateurs ont voté pour la suppression de cet amendement pénalisant l'homosexualité. 17 sénateurs ont voté contre et quatre se sont abstenus.

Depuis le vote du retrait de l'alinéa 5 de l'article 402 du Code pénal, en vigueur depuis juillet 2019, condamnant les pratiques homosexuelles, des voix politiques, religieuses et de la société civile s'élèvent pour condamner cette nouveauté.

Les élus divisés

Le vote par d'une loi dépénalisant l'homosexualité est perçu comme une victoire pour les initiateurs du texte. Cependant, le résultat du vote au parlement a montré que la question divise le pays. Quarante-huit députés ont en effet voté en faveur du texte, vingt-quatre ont voté contre et vingt-cinq autres se sont abstenus.

Député de l'opposition pour le compte du Rassemblement pour la patrie et la modernité, Edgard Owono Ndong a voté contre. Il pense qu'une telle loi doit être soumise à un référendum:

"On a là quelque chose qui va profondément bouleverser nos habitudes et c'est le 1/3 des députés qui aurait décidé. Ça c'est un autre débat, mais c'est pour dire quand même que ça, ça me conforte dans le fait qu'il faut que toute la nation entière se prononce là dessus."

Vivre dans la clandestinité

Pour Télesphore Obame Ngomo, président du mouvement Honneur et Dignité, le vote des députés fait respecter un droit qui était bafoué.

"Je salue la détermination. Je salue le courage, mais surtout je salue la volonté des députés de faire respecter un droit qui me paraissait bafoué. On ne peut pas, au nom de je ne sais trop quoi, des récriminations injustifiées, tolérer que d'autres puissent vivre dans des situations difficiles sur le plan de leur être."

Au Gabon, les homosexuels vivent leurs relations dans la clandestinité. Aucune association n'est enregistrée offficiellement pour défendre les membres de cette communauté. Nos tentatives pour recueillir des réactions d'homosexuels ont été vaines. Mais sur son compte Facebook, un Gabonais membre de cette communauté s'est contenté d'écrire "xxx".

Les voix défavorables à l'homosexualité se font bien plus fortes dans l'opinion gabonaise dont la majorité rejette une "atteinte aux mœurs".

Des marches programmées pour contester le vote de cette loi ont été interdites par le ministère de l'intérieur.

Plus de: DW

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