Tunisie: Dérives et comportements indignes

30 Juin 2020

Il est un phénomène qui devient inquiétant et préoccupant, de jour en jour, appelant à une solution urgente à l'élaboration de laquelle devraient participer aussi bien les forces politiques nationales au pouvoir ou dans l'opposition que les diverses composantes de la société civile, eu égard aux dangers qu'encourt l'expérience démocratique nationale au cas où il ne serait pas mis un terme aux dérapages et aux dérives commis quasi quotidiennement au sein du palais du Bardo, au vu et au su de tout le monde, plus particulièrement les députés censés être les défenseurs les plus indiqués du processus démocratique national.

Et les dérives se produisant sous la coupole du Bardo à un rythme de plus en plus effréné n'ont pas trait, cette fois, aux batailles rangées entre les députés du Parti destourien libre (PDL) et ceux d'Al Karama ou aux déclarations incendiaires que s'échangent les nahdhaouis et les représentants d'Attayar et d'Echaâb qui se comportent désormais au sein du gouvernement et du Parlement comme des ennemis jurés ayant pour objectif suprême de faire tomber le gouvernement Fakhfakh et de faire échouer l'expérience de la coalition actuelle au pouvoir.

Il s'agit, en effet, comme ne cessent de le dénoncer plusieurs députés, observateurs et analystes tunisiens et étrangers, de l'ouverture des portes du palais du Bardo, de façon exagérée, aux visiteurs de tous bords, dont certains sont devenus des habitués arpentant quotidiennement les couloirs du Parlement, s'octroyant le droit d'apostropher les députés et de leur faire entendre les remarques les plus désobligeantes allant jusqu'à les intimider verbalement et les menacer physiquement.

Les intrus qui sévissent, désormais, à leur guise au sein du palais du Bardo dans l'impunité totale, profitant de la protection ou de la bienveillance de certaines parties, ne reculent plus devant aucun stratagème pour imposer leurs comportements, leurs discours et leurs dépassements indignes de l'Assemblée des représentants du peuple, l'institution n°1 symbolisant la volonté du peuple et consacrant sa souveraineté.

Que le siège du Parlement se transforme en une véritable arène entre l'opposition et la coalition au pouvoir, que les députés s'affrontent dans des polémiques interminables, etc., il est de tradition démocratique que de tels événements se produisent au sein du Bardo. Mais que des intrus circulent librement au sein du Parlement et se comportent comme bon leur semble à l'égard des députés et des personnalités dont ils ne partagent pas les idées ou les orientations, une telle situation ubuesque n'augure rien de bon.

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