Ile Maurice: Viol d'une fillette de 3 ans - «Nous avons tous notre part de responsabilité» dit Rita Venkatasamy

Comment avez-vous appris qu'une enfant de trois ans a été victime d'une telle atrocité ?

Je me suis réveillée avec. Je connais les familles de Cité Anoska et nous sommes souvent en communication. En apprenant ce qui s'est passé, je n'y croyais pas. Je me suis sentie très mal dans ma peau. Je le suis toujours. On ne le répète jamais assez. Chaque cas est un cas de trop. On a fait des campagnes, entre autres, mais malgré tous nos efforts, nous perdons le combat contre les abus sexuels sur les enfants. C'est une réaction défaitiste, mais c'est ce que je ressens actuellement. (... ) Cela m'écoeure.

Ce n'est pas la première fois que Cité Anoska devient le théâtre de l'horreur. Comment l'expliquez-vous ?

Il est important de ne pas marginaliser ce lieu et de respecter ses habitants. Mais il est vrai de dire que c'est un endroit à risque. Il y a des endroits propices pour que des enfants grandissent en toute sécurité et il y en a d'autres où ils sont en danger. C'est notre devoir de cibler ces endroits à risque afin de proposer les encadrements nécessaires par les professionnels.

Les organisations non gouvernementales et même les habitants ont attiré l'attention des autorités sur les dangers. Mais à ce jour, il n'y a pas eu d'action concrète. Pensez-vous que l'État a failli dans sa tâche de protéger les enfants de Cité Anoska?

C'est normal de vouloir chercher des coupables quand de telles choses se produisent. C'est le premier réflexe pour nous rassurer. Mais ce n'est pas aussi simple que cela et ce n'est pas la colère qui nous aidera à trouver une solution durable. La responsabilité de l'enfant repose avant tout sur ses parents et sa famille. Un prédateur est rentré au domicile de l'enfant. C'est avec un esprit réfléchi qu'il faut comprendre comment cela s'est produit et comment empêcher une situation semblable à l'avenir. C'est l'occasion pour moi de me remettre aussi en question car je suis toute aussi responsable. Oui, l'État a aussi sa part de responsabilité. Maintenant, nous avons tous le devoir de trouver une solution avec une approche holistique.

Quelle est la marche à suivre pour aider la victime dans ce cas précis ?

Déjà, elle se trouve désormais sous la responsabilité de la Child Development Unit. Hors de question qu'elle retourne à la maison. Elle est actuellement admise à l'hôpital pour des soins d'urgence. Mais après, il faudra aussi qu'elle bénéficie d'un suivi psychologique. Nous allons tout faire pour l'aider et l'encadrer. Mais c'est triste pour cette enfant et pour le pays en général.

Plus de: L'Express

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