Burkina Faso: Acquisition 77 véhicules par la mairie - « Il y a eu 0 contre et 0 abstention lors du vote » selon Moustapha Semdé, président du groupe municipal de la majorité

Au lendemain de la session chahutée du conseil municipal de Ouagadougou, les conseillers de l'opposition avaient organisé une conférence de presse au cours de laquelle ils avaient décrié la gestion du maire Armand Béouindé.

Réponse du berger à la bergère, leurs adversaires de la majorité ont eux aussi convoqué les hommes de médias le 30 juin 2020 « en réponse aux allégations mensongères » des conseillers du CFOP.

L'affaire des 77 véhicules et son corollaire qu'est la session mouvementée du 22 juin continuent de faire courir opposition et majorité municipales, chacune racontant une version différente de l'histoire.

Selon Moustapha Semdé, président du groupe municipal de la majorité, la session délocalisée à Jean-Pierre Guingané n'a pas été fermée aux conseillers de l'opposition, contrairement à ce qu'ils affirment. En témoigne le procès-verbal où on voit bien que des députés du CDP et de l'UPC ont apposé leur signature sur la liste de présence.

Ce jour-là, ce sont, informent les conférenciers, 134 conseillers qui assistaient à cette session budgétaire. Le quorum, 128, étant atteint, le conseil pouvait, selon eux, « valablement siéger ».

« A l'entame de la session, les conseillers de l'opposition ont demandé une motion alors que l'ordre du jour des travaux n'avait même pas été décliné.

En dépit d'une volonté manifeste des conseillers de l'opposition de boycotter cette session, les travaux se sont déroulés de bout en bout dans les règles de l'art », raconte Moustapha Semdé, qui ajoute que l'autorité municipale a demandé un renforcement du dispositif sécuritaire pour « empêcher des individus manipulés par les conseillers du CFOP » de troubler la rencontre.

En ce qui concerne la principale affaire, l'acquisition par crédit-bail de 77 véhicules auprès d'une société où le maire et des membres de sa familles possèdent des actions, le président du groupe municipal de la majorité tient d'abord à remettre les points sur les i : « Il ne s'agit pas d'un achat mais d'une location-vente ».

De ce fait, dit-il, on aurait tort de comparer cette procédure à celle d'une acquisition ferme. « On ne compare pas deux choses qui sont différentes », affirme Moustapha Semdé.

Autres arguments qu'il brandit en vue de « corriger les mensonges pour tromper l'opinion » : le locataire vendeur a été choisi à la suite d'un appel d'offres ouvert et non à la suite d'une consultation restreinte ou d'un gré à gré, et la procédure de passation des marchés a été rigoureusement suivie.

Qui plus est, selon le principal conférencier, les conseillers de l'opposition qui aujourd'hui se désolidarisent ont pourtant participé à tout le processus et voté en toute liberté en faveur de la délibération pour l'acquisition des engins par crédit-bail. 231 participants ont voté pour et personne ne s'est abstenu ni n'a voté contre.

Ardents défenseurs de ce mode d'achat, les conseillers de la mouvance soutiennent que ce choix est « adapté aux besoins et supportable par le budget communal. »

Le crédit-bail, selon leurs explications, « permet d'acquérir des véhicules tout neufs avec un service complet « full service ». C'est le concessionnaire qui assure non seulement la maintenance des véhicules mais également les assurances ».

Le loyer mensuel, y compris l'entretien des 77 véhicules, est estimé à 77 millions 185 mille francs CFA, soit 926 millions 231 mille francs TTC l'année. Le montant total du contrat est, lui, évalué à 4 milliards 854 millions 808 mille francs CFA TTC.

De l'avis de Moustapha Semdé, le débat sur les intérêts que le maire a dans l'entreprise qui a obtenu le marché n'a pas lieu d'être.

Avoir des actions n'est pas un crime, et cela ne signifie pas que l'entreprise appartient à l'édile de Ouagadougou qui, d'ailleurs, dispose d'une part minoritaire dans la boîte.

A l'opposition qui demande la tête du bourgmestre il répond que « l'appel à la révocation du maire ne relève pas de la rue ».

Le Code général des collectivités territoriales dispose, rappelle-t-il, que « toute suspension ou révocation du maire ou d'un adjoint doit être précédée d'une audition de l'intéressé ou d'une invitation à fournir des explications par écrit dans les délais requis. La révocation est décidée par décret pris en Conseil de ministres ».

Dans cette affaire, les soutiens d'Armand Béouindé demandent à l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et à la Justice, qui se sont saisies déjà du dossier, d'être « au-dessus des clivages politiques » et de dire clairement s'il y a eu une faute pénale ou pas.

Plus de: L'Observateur Paalga

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