Burkina Faso: Acquisition d'ambulances au profit des communes

La traditionnelle conférence de presse du Chef de file de l'opposition politique au Burkina Faso (CFOP) s'est tenue, le mardi 30 juin 2020, au siège de l'institution à Ouagadougou.

La polémique, née au lendemain de la cérémonie de remise des ambulances aux communes, a refait surface à la conférence de presse du chef de file de l'opposition politique, tenue le mardi 30 juin 2020.

Selon le président de l'Union pour la renaissance démocratique/ Mouvement sankariste (URD/MS), Alphonse Marie Ouédraogo, l'achat des ambulances est une bonne chose, mais des tentatives de récupération malsaine et des scandales de corruption ont souillé la noblesse de l'initiative. «

L'affichage d'une photo du président-candidat, Roch Marc Christian Kaboré, sur les ambulances, comme si elles avaient été achetées avec les fonds propres du chef de l'Etat a choqué certains Burkinabè. Nous dénonçons cette escroquerie politique orchestrée par le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et ses alliés à travers le gouvernement », a-t-il déclaré.

Plus grave, a poursuivi M. Ouédraogo, le journal « Le courrier confidentiel », dans sa dernière parution a révélé que les 300 ambulances ont été commandées dans un marché Partenariat-Public-Privé (PPP), en crédit-bail auprès de Fidelis Finances, Raynal Assurance et Diacfa, « exactement » les mêmes acteurs impliqués dans le scandale d'acquisition des 77 véhicules par la mairie de Ouagadougou.

« Les véhicules ont été loués et les honnêtes citoyens vont saigner pour rembourser plus de 14 milliards F CFA avant que les ambulances ne soient la propriété de l'Etat », a-t-il fait savoir.

Les représentants du CFOP ont demandé à l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de la lutte contre la corruption (ASCE-LC) de se saisir du dossier, afin que des procédures soient engagées contre tous ceux qui sont impliqués dans ce « scandale flagrant ».

L'opposition s'est également indignée contre les échanges dans un entretien audio supposé être celui du conseiller spécial du président du Faso, Adama Kanazoé, s'entretenant avec un prétendu homme d'affaires sur un partage de millions F CFA à la suite de l'attribution d'un marché public.

« A écouter la conversation, il s'agit d'un marché de pistes rurales dans la région du Centre-Nord, obtenu grâce à des manœuvres illégales du sieur Kanazoé », a précisé le président de l'URD/MS.

Il a ajouté : « Au regard de ce nouveau scandale qui vient une fois de plus montrer le pillage à grande échelle des maigres ressources du Burkina Faso, l'opposition demande à la justice de s'autosaisir comme dans l'affaire du magistrat Narcisse Sawadogo, en procédant à l'arrestation et au jugement de M. Adama Kanazoé et de son complice Sayouba pour corruption, concussion et enrichissement illicite ».

Le troisième point de cette rencontre avec la presse a porté sur l'opération d'enrôlement en cours à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Sur ce sujet, Alphonse-Marie Ouédraogo a dénoncé la mise en place des équipes de « faiseurs de CNIB» accompagnées des délégués MPP qui délivrent « gratuitement » des pièces d'identité à certaines personnes convoyées par des bus dans les centres d'enrôlement.

L'audio critiquée est-elle authentique ? Réagissant à cette question de la presse, le conférencier a indiqué que pour l'instant, ils n'ont pas d'éléments leur permettant de se prononcer sur l'authenticité. « Nous constatons un fait et nous demandons à la justice de mener des enquêtes pour nous situer », a-t-il dit.

Concernant la création de sous-groupes constitués de partis membres de l'opposition, l'animateur du jour a laissé entendre que le CFOP est composé de partis indépendants libres et les sous-ensembles ne sont pas en contradiction avec sa vision d'ensemble.

Plus de: Sidwaya

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