Congo-Kinshasa: Etat de droit - Félix Tshisekedi s'en tient à l'indépendance de la justice

"Fonder un Etat moderne, un Etat normal et vaincre la pauvreté décrétée cause nationale, constituent toujours la pierre angulaire de ma vision pour notre pays", a rappelé lundi, le président de la République, Félix Tshisekedi, dans son discours à l'occasion du 60ème anniversaire de l'indépendance de la RDC.

Conscient du fait que le chemin pour y parvenir est parsemé d'embûches et d'obstacles, le chef de l'Etat dit tirer sa détermination du peuple congolais, lui susurrant constamment dans l'oreille son leitmotiv, « Le peuple d'abord ». En des termes clairs et précis, le 5ème président de la RD. Congo a balayé l'ensemble des préoccupations de la population, et dressé un bilan à mi-parcours de sa vision et ses promesses depuis son investiture le 24 janvier 2019.

Sur le plan politique, social et même économique, le président de la République note qu'au moment où la RDC célèbre le 60ème anniversaire de son indépendance, des pas importants ont été franchis.

Beaucoup reste à faire, naturellement. Toutefois, Félix Tshisekedi dit continuer de porter à cœur l'ensemble des aspirations des congolais pour un Congo meilleur, paisible, plus juste et plus équitable. "Qu'il s'agisse de la réforme en cours de la justice, que je compte poursuivre et approfondir, de l'indispensable rattrapage en matière d'infrastructures de base, de l'accès à la santé, de la pacification intégrale du pays ou de la préservation de l'environnement, le Congo a grandement besoin de ressources et de méthodes, pour poursuivre avec succès la mise en œuvre du programme pour lequel vous m'avez élu".

Cependant, "je souhaite que l'expérience douloureuse révélée au cours du procès en rapport avec le Programme des 100 jours tourne définitivement la page de la longue série de projets et programmes qui, à travers l'histoire de notre pays, ont donné lieu à d'importants coulages des ressources publiques en toute impunité", a soulevé le chef de l'Etat.

Etat de droit en marche ?

Selon lui, en effet, l'établissement d'un Etat de droit est en marche en RDC. "Le citoyen congolais a retrouvé la pleine jouissance de ses libertés fondamentales : de manifester, de résider dans son pays, de ne pas être arrêté pour des raisons politiques", note Félix Tshisekedi, soulignant qu'à ce jour, la Justice recouvre peu à peu son indépendance. Et que les avancées enregistrées l'ont été au prix de sacrifices extrêmes.

De ce fait, pour le chef de l'Etat, elles ne peuvent être annihilées par des manœuvres d'arrière-garde qui s'observent chez certains de vouloir légiférer pour déposséder le Conseil Supérieur de la Magistrature du pouvoir judiciaire qu'il détient pourtant par la Constitution. Il estime, par conséquent, que les réformes dans ce secteur doivent être dictées, non pas par le souci de s'assurer une protection d'une personne ou d'un groupe de personnes, mais plutôt par le souci d'apporter plus d'efficacité et d'efficience au fonctionnement de la justice.

"Je n'accepterai sous aucun prétexte des réformes dans ce secteur qui, par leur nature et contenu, viendraient porter atteinte à des principes fondamentaux régissant la justice tels que prévus dans notre Constitution, notamment l'indépendance du pouvoir judiciaire, du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, le pouvoir régalien de nomination des magistrats, la gestion du pouvoir judiciaire confiée au Conseil supérieur de la Magistrature et bien d'autres", a martelé, lundi soir, le président de la République.

Maintenir la lutte contre l'impunité, la corruption,...

Dans un discours rassembleur, Félix Tshisekedi a fait le constat malheureux qu'aujourd'hui, 60 années plus tard, le devenir de la Nation est toujours entre les mains d'une classe politique, toutes tendances confondues, qui demeure versatile, et qui peine à arracher la Nation du cercle vicieux de l'instabilité et de la pauvreté.

"En soixante années, nous avons progressivement laissé notre classe politique se transformer en une sorte de maffia, et nous en avons fait le principal modèle de réussite pour cette jeunesse. Il est temps de changer de paradigme et de créer les conditions qui permettront à nos jeunes de devenir les principaux créateurs de richesses dans notre pays", a-t-il exhorté.

Aussi, a-t-il rappelé que la lutte contre l'impunité, la corruption et les anti-valeurs, constituent les éléments centraux de sa stratégie, sans lesquels tout réel espoir de changement est impossible.

Une pensée pieuse pour les héros de la lutte

Félix Tshisekedi se rappelle également des filles et fils de la République qui ont lutté jusqu'au sacrifice suprême, dans leur détermination à préserver l'intégrité du territoire, l'unité nationale et les droits humains. "Je n'oublie personne [... ] Je pense à l'ensemble de nos forces vives, et en particulier tous les combattants et martyrs de la démocratie, qui, dans la suite d'Etienne Tshisekedi d'heureuse mémoire, ont affronté les répressions les plus sanglantes, les plus barbares, depuis les temps forts de la guerre froide jusqu'à la veille des élections de décembre 2018 ; je pense à nos filles et à nos fils lâchement abattus dans les rues de nos villes et de nos villages, jusqu'à l'intérieur des églises ainsi profanées", a déclaré le président de la République.

Pour lui, aucune douleur, aucun déchirement ne doit être oublié.

Ainsi, "au nom de l'ensemble du peuple congolais, je m'incline une fois de plus devant leur bravoure. Leur héroïsme nous a permis de franchir une étape importante dans notre marche vers l'instauration d'une Nation respectueuse de la personne humaine et du caractère sacré de la vie".

A La Une: Congo-Kinshasa

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.