Cameroun: Vivres frais - Certains prix en chute libre

Habituellement vendu entre 8 000 et 10 000 F, le cageot de tomate coûte aujourd'hui entre 1700 et 2500 F. Carotte, poivron, piment, poireau et pomme de terre ne sont pas en reste.

Tomates

Il y avait effervescence samedi 27 juin 2020 à l'entrée du marché 8è à Yaoundé. Des hommes et femmes affairés autour de dizaines de cageots de tomate disposés sur le sol, de part et d'autre de la route. Des amas de tomates écrasés tapissent également le sol. C'est dans cette ambiance que de jeunes hommes déchargent des paniers de tomate des camions semi-remorques garés tout le long de la route. Des pourparlers n'en finissent pas entre vendeurs, «bayam-sellam » et ménagères. C'est que depuis quelques semaines, les prix des vivres et surtout de la tomate ont brutalement chuté, laissant les producteurs dans une situation sans précédent.

Des chauffeurs de camions bondés de paniers de tomates provenant de l'Ouest et du Centre arrivent dans ce marché de vente en gros et détails pour écouler les vivres frais. Ils proposent le panier de tomate, habituellement vendu à cette même période à 8000 F au prix de 2500 F seulement. Un peu plus bas, d'autres le liquident à 2000 F et à l'intérieur du marché, on en voit à 1700 F. A ces prix-là, les nombreuses ménagères qu'on rencontre ne se font pas prier, étant donné qu'elles ont l'habitude d'en acheter bien plus cher à la même période. Dans les carrefours et certaines artères de la capitale, on aperçoit également des revendeurs ou des producteurs, « liquidant » la tomate à 1500 F ou 2000F le cageot, pour le bonheur des amateurs. Du coup, les uns et les autres se partagent recettes de cuisine et de conservation, pour pouvoir profiter au maximum de cette manne.

Autres produits vivriers

Les produits tels que la carotte, le piment, le poireau, le gombo et la pomme de terre, très prisés par les consommateurs, sont également disponibles en quantités, et à vil prix. Dix grosses carottes sont proposées à seulement 500 F. Trois tas de poivrons valent le même prix, de même que dix gros poireaux habituellement vendus à 100 F la tige. Pour ce qui est du piment, le sac habituellement vendu à 60 000 F vaut 15 000 F aujourd'hui. Détaillé, le tas est proposé à 100 F pour une vingtaine de fruits. Le gombo n'est pas en reste, l'on trouve trois tas bien fournis à 500 F. Pour ce qui est des pommes de terre, le seau de 4000 F vaut entre 1500 et 2000 F.

Les raisons de cette baisse Abdel Salam, revendeur, et ses cousins ont acheté très tôt ce samedi matin, une centaine de cageots provenant de Foumban dans le Noun à 1500 F le panier. A 11 h, le groupe a revendu une trentaine de paniers et espère écouler une bonne partie avant 18 h. Sur les raisons de cette chute des prix de la tomate et les autres produits, Innocent Ibrahim, autre revendeur croit savoir que la pandémie du covid-19 y est pour beaucoup. Selon lui, la fermeture des frontières ne permet plus aux étrangers de la sous-région de venir acheter directement bord-champ entre 5000 et 6000 F le cageot. Conséquence, une grande quantité est abandonnée dans les plantations et pourrit sur place.

« Au lieu de voyager, les producteurs désespérés préfèrent vendre sur place à 400 F», explique Mohamed Nsangou. Le transport est coûteux. Il faut débourser 500 F pour un cageot, payer le calibrage à 300 F sans oublier le panier à 400 F. « Nous n'avons même plus peur de la prison, parce que l'argent de nos investisseurs est perdu d'avance. Corona nous a tués. Nous vendons à bas prix pour pouvoir avoir de quoi tenir par ces temps difficiles », déplore un producteur sur son camion stationné à un carrefour. Déjà, les observateurs pensent que la remon- tée sera rude, tant pour les produc- teurs que les consommateurs .

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