Afrique: Impact de la COVID-19 - Le continent à la recherche d'une énergie pour la relance

1 Juillet 2020

Faire le point sur les effets de la Covid-19 et ses répercussions économiques sur le secteur de l'énergie en Afrique et explorer le rôle vital des investissements énergétiques dans la reprise économique de l'Afrique.

Tels sont, entre autres, les objectifs de la table ronde ministérielle organisée mardi par visioconférence à l'initiative de l'Agence internationale de l'énergie (Aie) et le ministère sénégalais du Pétrole et des Energies.

La pandémie de Covid-19 a fini de déréguler l'économie mondiale, en particulier le secteur de l'énergie en Afrique. Les impacts immédiats sont variés.

Pour certains, la disponibilité, la sécurité et la fiabilité des systèmes électriques mettent en danger une réponse efficace à la crise sanitaire, soulignant une fois de plus l'importance de l'accès universel à l'énergie.

Les politiques de confinement et la baisse de la demande d'énergie qui en résultent, accroissent la pression sur les réseaux électriques, remettant en question la santé financière des services publics d'État qui étaient déjà en difficulté financière.

Et pour d'autres, la perturbation des marchés mondiaux du pétrole et du gaz a entraîné une baisse soudaine et marquée des flux de recettes d'exportation. Les contraintes financières qui en résultent signifient que les nouveaux investissements peuvent subir des retards ou des annulations.

Ces conditions d'incertitudes créent des risques et une concurrence pour resserrer les financements, avec des défis potentiels de sécurité et de durabilité à plus long terme.

Bref, les bouleversements liés à la Covid-19 risquent de compromettre un peu plus l'atteinte des objectifs de développement durable de l'Onu visant notamment à garantir l'accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable (Odd7).

Face à ce risque, l'Agence internationale de l'énergie (Aie) et le gouvernement du Sénégal ont organisé une table ronde ministérielle par visioconférence, le 30 juin, réunissant une vingtaine de ministres de l'énergie et des responsables d'institutions internationales, pour une analyse croisée sur les défis et opportunités pour le secteur de l'énergie.

«Pour soutenir la transformation économique de l'Afrique et assurer l'accès à l'énergie pour tous, nous devons veiller à ce que les investissements énergétiques en Afrique restent une priorité », a souligné le directeur exécutif de l'Aie, Fatih Birol.

L'objectif est « d'éviter un impact irréversible sur un secteur qui demande des investissements très lourds », a renchéri Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des Energies du Sénégal.

Quatre grands défis se sont dégagés des discussions : mobiliser et sécuriser l'investissement privé fragilisé aujourd'hui dans beaucoup de pays ; travailler à une plus grande efficacité énergétique et une régionalisation des politiques énergétiques (intégration des économies africaines et des réseaux énergétiques), ainsi que l'innovation financière (taxe carbone) et technologique.

Les points de vue partagés lors de cette table ronde ministérielle sur l'Afrique alimenteront le travail renforcé de l'Aie avec les partenaires africains ainsi que le sommet sur les transitions énergétiques propres qui se tiendra le 9 juillet 2020.

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.