Angola: Affaire 500 millions - Le Ministère public requiert dix ans pour l'ancien gouverneur de la BNA

Luanda — Le Ministère public a demandé mardi à la Cour une peine de 10 ans de prison à l?encontre de l'ancien gouverneur de la Banque nationale d'Angola (BNA), Valter Filipe, et de l'ancien directeur du Département de la gestion des Réserves de la BNA, António Bule Manuel, tous deux impliqués dans "l'affaire 500 millions".

Dans les dernières allégations, le Ministère public a également requis des peines d'au moins sept ans de prison contre l'ancien président du Fonds souverain angolais, José Filomeno dos Santos "Zenu", et l'homme d'affaires Jorge Gaudens Sebastião, ainsi qu'une indemnisation à l'État angolais, non spécifiée.

Zenu dos Santos et ses collaborateurs sont accusés des délits de détournement de fonds public, de trafic d'influence, d'association de malfaiteurs, de blanchiment d'argent et de fraude.

Lors de la session de mardi, qui a marqué la reprise du procès des "500 millions", le Ministère public a demandé que la lettre envoyée à la Cour Suprême, par l'ancien Chef de l'Etat angolais, José Eduardo dos Santos, ne soit pas prise en compte.

Dans la lettre, José Eduardo dos Santos reconnaît avoir chargé l'ancien gouverneur de la BNA de procéder au transfert de 500 millions de dollars américains à la banque du Crédit Suisse à Londres.

Le transfert était une sorte d'avance pour une société créée par les défendeurs, afin de mettre en place une opération de financement pour l'Angola, d'un montant de 30 milliards de dollars.

Le plan était basé sur la constitution d'un supposé Fonds d'investissement stratégique et sur l'utilisation de la société Mais Financial Services, S.A. comme instrument d'action.

La défense dément les accusations du Ministère public

Cependant, Sérgio Raimundo, le défenseur de Valter Filipe, a déclaré que le Ministère public avait commis plusieurs erreurs dans les allégations concernant les crimes commis par les accusés.

Sérgio Raimundo considère que l'accusation portée contre les défendeurs du crime de détournement de fonds et de blanchiment d'argent n'est pas fondée, l'État angolais a toujours su où se trouvait le montant, qui a été déposé dans une institution fiduciaire.

L'avocat a contesté la demande du Ministère public de ne pas prendre en compte la lettre adressée par l'ancien président de la République, José Eduardo dos Santos, à la Cour, soulignant que l'institution judiciaire ne devrait servir qu'à défendre la justice et ne pas être un «instrument de publicité politique ".

Selon l'avocat de la défense, les défendeurs ont suivi les directives du titulaire du pouvoir exécutif, car ils ont agi en tant que subordonnés et ne peuvent donc pas être accusés d'avoir commis le crime d'association de malfaiteurs.

L'affaire remonte à 2017, lorsque l'homme d'affaires Jorge Gaudens Sebastião a présenté à José Filomeno dos Santos «Zenu» une proposition de financement de projets prétendument stratégiques pour le pays, qu'il a envoyée à l'exécutif, car elle ne faisait pas partie des tâches du Fonds souverain de l'Angola. (Fin)

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